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Jesse Schnobb : UQO - Université du Québec en Outaouais
Véritable science hybride, la communication non verbale est issue de nombreuses disciplines, notamment : la psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique, et l’éthologie. Ancrée dans le courant des études sur les sciences et les technologies, cette recherche souhaite bonifier l’éventail des sciences contribuant à la communication non verbale afin d’en augmenter la portée. C’est la Théorie de l’acteur-réseau (Latour, 2007) qui permet de réaliser une enquête d’anthropologie philosophique afin d’étudier la principale production scientifique : les textes. Ainsi, l’étude des signes textuels, la sémiologie graphique (Bertin & Barbut, 2005), permet de montrer avec un cas comment la construction d’instruments de collecte et d’analyse de données d’une méthodologie communique textuellement certains signes. L’agencement de ces signes par un auteur-chercheur communique sa représentation du monde, par exemple son rapport au temps. Parallèlement, la sémiologie graphique fait officieusement partie du continuum de formation universitaire. En ce sens, la trajectoire estudiantine passe obligatoirement par la maîtrise de la pratique scientifique ce qui inclut la sémiologie graphique. En mettant l’emphase sur la sémiologie graphique à travers la formation universitaire, les textes deviennent des moyens d’introduire les étudiants à la communication non verbale afin d’augmenter leur intérêt à l’étudier.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.