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Matthieu JOSSELIN : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La compétence pathémique est la capacité à adapter et réguler l’expression non verbale des émotions dans les interactions interpersonnelles, en fonction de la situation et des personnes présentes. Le développement de cette compétence influencerait positivement la qualité des relations sociales et la satisfaction de vie (Herndon et al., 2013). Cette compétence non verbale, foncièrement pragmatique, est peu documentée en sciences du langage et en sciences de l’éducation (Wagener & Gazaille, 2013; Matthews, 2014). Cette recherche interdisciplinaire vise à proposer un modèle théorique qualitatif décrivant les constituantes de la compétence pathémique et son fonctionnement. Des entretiens d’explicitation ont été menés auprès de participants adultes analysant leur propre comportement non verbal et affectif lors d’interactions interpersonnelles. Cette communication présente une proposition préliminaire de modèle de la compétence pathémique, issu des analyses par théorisation enracinée des entretiens (Luckerhoff & Guillemette, 2012). Les résultats préliminaires montrent différents types de conscience sociale et langagière autour de l’expression kinésique de l’émotion, qui permettent l’anticipation des effets interactionnels, la production d’énoncés faciaux intentionnels et l’entretien des relations interpersonnelles. Les résultats issus de cette recherche permettront d’éclairer les formations en non verbal et les projets de développement de la compétence pathémique chez l’adulte.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.
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