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Marjolaine Noel : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Sachant que le sens du travail se construit dès l’enfance et se façonne au fil des expériences (Longo, 2018; Nicole-Drancourt, 1994) et que les parcours des jeunes sont modulés par leurs intérêts personnels et les mondes sociaux qui les entourent (Bonnet & al., 2018; Longo, 2011), dans un contexte aujourd’hui d’accentuation de la précarité et l’instabilité de l’emploi (Couppié et al., 2018; Verdier & Vultur, 2016), nous nous intéressons à l’influence que peuvent avoir les acteurs avec qui ils sont en interaction lors de leur parcours, et particulièrement ici les parents, sur leurs pratiques et leurs représentations du travail et de l’emploi. Alors que la littérature aborde les rapports au travail à travers les générations en tentant surtout d’identifier les ressemblances et les distinctions qui caractérisent les générations (Delay, 2008; Méda & Vendramin, 2010), cette communication propose une réflexion sur la construction des rapports des jeunes au travail à travers les regards qu’eux-mêmes portent sur les rapports des personnes issues d’autres générations. Concrètement, nous mobiliserons les récits d’une trentaine de jeunes issus d’une enquête menée par l’INJEP pour aborder la manière dont les membres de leur famille d’origine influencent ou ont influencé la construction de leurs propres rapports au travail et à l’emploi. Ainsi, nous explorerons différentes modalités à travers lesquelles s’opère la construction intergénérationnelle des rapports des jeunes au travail.
Au cours des dernières décennies, le contenu et les conditions d’exercice du travail se sont profondément transformés : changements techniques et organisationnels importants; reconfiguration des conflits et des rapports sociaux de travail; modifications des arrimages entre la vie professionnelle et la vie privée; transformations des repères spatiaux et temporels de l’activité. De nouvelles stratégies d’entreprise ont aussi été déployées, qui se traduisent par une quête de flexibilité fondée sur l’externalisation d’une partie de l’emploi, une réduction des droits et des sécurités et l’émergence des outils technologiques qui changent la nature du travail et imposent un nouveau modèle productif. Dans ce contexte, le rapport au travail des nouvelles générations subit des métamorphoses importantes. Défini comme la manière de vivre le travail, la place qu’il occupe dans la vie et la signification qu’il revêt, le rapport au travail est un médiateur entre les contextes socioéconomiques et culturels et la situation en emploi des jeunes. Il repose sur un ensemble de représentations, de relations à soi et aux autres, de dispositions vers le marché du travail et le monde en général, qui déterminent tant la place individuelle attribuée par les jeunes au travail que la contribution de celui-ci à la société.
Quels sont les effets des changements socioéconomiques contemporains sur les rapports au travail des jeunes? Dans quelle mesure les transformations en cours modifient-elles les manières de se représenter le travail, de se conduire en emploi et d’effectuer des choix professionnels chez les nouvelles générations?
Conçu dans une perspective interdisciplinaire et combinant plusieurs approches analytiques, le colloque est structuré autour de trois axes : 1) rapports au travail, secteurs et groupes professionnels; 2) rapports au travail et vulnérabilités; 3) rapports au travail, construction et comparaison intergénérationnelle.
Titre du colloque :