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Kossi Adandjesso : Université Laval
La notion de gouvernance a plusieurs connotations. En science politique, elle est définie comme étant un polycentrisme institutionnel entrainant un processus de coordination de plusieurs acteurs qui s’imbriquent et s’interagissent dans une logique d’horizontalité. Dans le cadre de cette recherche, le point commun entre toutes les définitions données à cette notion est la pluralité des acteurs qui interviennent dans la prise de décision et de planification des actions de l’enseignement supérieur; avec le repli de l’État autrefois considéré comme l’unique et principal acteur. En 2005, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a défini une politique éducative qui a pour vision : l’intégration, la pertinence et la qualité de l’enseignement supérieur. Dès lors, la question de gouvernance du système d’enseignement supérieur se pose dans la mesure où plusieurs parties prenantes sont concernées dans une logique d’interaction et de coordination des actions.
La problématique générale qui se dégage est essentiellement liée à la faible participation réelle et effective des acteurs concernés. La question qui se pose est de savoir : qui sont les acteurs impliqués dans le système d’enseignement supérieur dans l’espace UEMOA? Dans quelles dynamiques interagissent-ils? Une analyse du contenu des rapports et documents administratifs a été réalisée pour identifier les différents acteurs impliqués et leurs interactions, ainsi que les diverses dynamiques qui se dessinent.
Au cours des dernières décennies, les systèmes et les établissements d'enseignement supérieur ont connu des changements profonds dans leur gouvernance et dans leurs pratiques, confrontés qu’ils sont à l’émergence de la société du savoir, aux développements démographiques, aux effets de la mondialisation, à la compétition accrue, au développement des technologies de l’information et à la fluctuation des conditions économiques (Dobbins, Knill et Vögtle, 2011). En fait, le rythme de changement de l’enseignement supérieur surpasse tout ce qui a été observé auparavant (Bruckmann, 2015).
Cette dynamique de développement sans précédent contraint les acteurs tant politiques qu’institutionnels à innover et à adapter leurs actions aux nouveaux contextes qui se mettent en place. Quelles que soient les orientations privilégiées ou les décisions prises, ces choix s’inscrivent dans un système de tensions où les réformes, les changements et les solutions peuvent être envisagés comme des équilibres à trouver entre les pôles des axes liant (Lee, 2005) : 1) la quantité et la qualité; 2) la diversification et la spécialisation; 3) la tradition et l’innovation; et 4) la dimension nationale et la dimension internationale.
Les questions que suscite ce thème sont nombreuses et interpellent tous les systèmes d’enseignement supérieur. Les participants à ce colloque seront invités à réfléchir aux effets de ces tensions, aux défis qu’elles induisent et aux stratégies à déployer pour en concilier les pôles : Comment ces tensions sont-elles vécues dans différents contextes professionnels et sociopolitiques? Comment les établissements répondent-ils à ces tensions en contexte de changements profonds? Comment s’assurer de l’adéquation des orientations privilégiées et de l’efficacité des actions mises en place? Quelles sont les évolutions qui sont à prévoir et comment s’y préparer?
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