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La place accordée aux origines en contexte de contact virtuel entre les personnes adoptées à l’international et leur famille biologique

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Johanne Thomson-Sweeny : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le but de la présentation est de démontrer la manière dont les adultes adoptés à l’étranger ayant participé à notre étude de maîtrise vivent leur quête des origines en contexte de contact virtuel (à travers les technologies de communication comme Facebook) avec leur famille biologique. Ces technologies étaient un outil qui a facilité non seulement leur quête des origines, mais aussi leurs retrouvailles. L’objectif de l’étude est de mieux comprendre la façon dont un contact virtuel avec leur famille biologique peut influencer la vie des adultes adoptés à l’étranger. Des entrevues individuelles semi-dirigées ont été réalisées avec huit adultes ayant vécu cette réalité. Deux discussions de groupe ont aussi été animées avec des adultes adoptés à l’étranger n’ayant pas vécu ce phénomène afin de connaître leur perception sur le sujet. Une analyse thématique, à l’aide de l’analyse phénoménologique interprétative, des témoignages recueillis a été réalisée. Les participantes de l’étude accordent une place centrale à leurs origines à travers leur expérience d’un contact virtuel avec leur famille biologique. La notion des origines est présente tout au long de leur vécu. La place accordée aux origines est démontrée à travers l’importance donnée au désir de mieux se connaître et de savoir d’où elles viennent, leur perception sur la nécessité de connaître leurs origines, la place accordée à la génétique et la place de la mère (adoptive et biologique).

Résumé du colloque

Inscrit dans le champ des études du genre et de la parenté contemporaine, ce colloque analyse la question des « origines » dans les familles constituées par procréation assistée ou par adoption. Témoignant d’un processus de dissociation croissante de la procréation et de la parenté, ces dispositifs produisent des situations où des parents d’intention deviennent mère(s) ou père(s) sans avoir nécessairement procréé, tandis des personnes procréent, mais ne deviennent pas parents, demeurant « aux marges » de la parenté. Le traitement de ces marges a connu d’importantes évolutions durant ces dernières décennies, sous l’effet conjugué des dispositions internationales relatives aux droits des enfants adoptés, des savoirs psychanalytiques encourageant l’accès aux « origines personnelles » et des revendications des personnes adoptées ou issues de don. Un relatif consensus tend aujourd’hui à faciliter, de différentes manières, l’information des personnes adoptées ou nées de don sur les circonstances de leur naissance.

Les enjeux de cette évolution sont analysés dans une comparaison internationale explorant de manière privilégiée les cas du Québec et de la France, où cette question s’avère particulièrement actuelle du fait des changements législatifs récents ou en cours. Au Québec, la loi 113 permet, depuis juin 2018, que les personnes adoptées aient accès aux données nominatives de leurs parents de naissance, si ces derniers y consentent. Les possibles incidences de cette disposition peuvent être comparées au cas français, où la création du Conseil national d’accès aux origines personnelles (CNAOP) en 2002 a organisé le recueil d’informations et un accès plus important des personnes nées dans le secret aux données administratives et personnelles concernant leur naissance. Le champ de procréation assistée n’est pas en reste, alors que la levée de l’anonymat des personnes qui donnent leurs gamètes est à l’agenda de la révision actuelle de la loi française de bioéthique, suscitant de nombreux débats et de nouvelles questions. Le Comité consultatif québécois sur le droit de la famille, dans son rapport déposé en 2015, recommande la levée de l’anonymat des donneur.se.s de gamètes, considérant le droit de connaître ses origines comme étant dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

En explorant ces situations, mais aussi dans l’étude d’autres contextes culturels ou nationaux, nous souhaitons mettre en perspective l’évolution des dispositifs juridiques et des pratiques institutionnelles, administratives ou médicales associées à la connaissance des origines et l’étude, au sein des familles, de la part des donneur.se.s et des personnes adoptées ou conçues par don, des discours, des usages et d’éventuelles relations nouées aux marges de la parenté.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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