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Hervé Sanson : CNRS-ITEM
Nathanaël l’affirme en 2017 : « La photographie, pour moi, est de l’ordre d’une expérience, d’un défi, et est sans doute l’équivalent d’une langue que je ne sais pas très bien manier, mais qui intervient parfois dans mes textes, parfois avec urgence, afin de les dessaisir d’une structure ou d’y creuser un abîme, afin d’en exposer une faille éventuelle, et de les ramener à une certaine exigence. » La photographie a pris une place de plus en plus conséquente dans son travail, et bien que Nathanaël ne revendique pas une professionnalisation de la pratique, celle-ci acquiert une portée singulière dans son œuvre, et donne lieu à un retour réflexif de sa part dans un certain nombre de textes courts.
C’est précisément à un évidement de l’identité établie, normée, et à une démise de l’ordre généalogique que l’entreprise de création de Nathanaël se livre, ouvrage après ouvrage. Écriture et pratique photographique aménagent leur espace respectif, mais aussi leurs interactions, et dans la fa ille qui se joue (dans la faille creusée à même le mot, ainsi transcrite, l’écrivain y perd la famille), les deux pratiques artistiques proposent une nouvelle conception du sujet, traversé de part en part, hanté – que nous tâcherons de circonscrire dans cette communication. Le sujet en jeu dans les écrits de Nathanaël orchestre sa propre nomination, et déconstruisant les logiques héritières, homologuées, répond à nouveaux frais à la question suivante : « Qui suis-je ? D’où viens-je ? »
C’est à partir de la question de la subjectivation, ouvrant sur les formes biographiques, autobiographiques et leurs hybridations comme autant de modalités de constitution du sujet, que nous désirons réfléchir à l’emprise des discours sur la construction de la subjectivité.
Dans une perspective où esthétique et éthique s’entrecroisent, il nous semble primordial d’articuler l’expérience personnelle aux discours dominants et de réfléchir à la construction de la subjectivité du chercheur ou de la chercheuse en arts qui doit, et ce, à maintes reprises rendre compte de soi. Le récit qui en résulte est-il nécessaire ou contingent? Stratégique ou critique? Quels enjeux éthiques ou politiques émergent de la nécessité du chercheur ou de la chercheuse de s’identifier et de se situer dans le discours? Différentes formes de subjectivation s’exposent : celles de l’identité civique ou scientifique et de l’expérience corporelle.
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