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La précision interpersonnelle : Un enjeu pour le stress et l’épuisement professionnel des intervenants exerçant auprès de jeunes en difficulté ?

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Sylvain DUFOUR : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La précision interpersonnelle (PI) peut se définir comme la capacité à juger avec exactitude les émotions, traits, intentions et caractéristiques sociales d’une personne à partir des informations non verbales (Hall, 2011; Schlegel & al., 2017). Il s’agit, ici, d’étudier la nature des liens entre stress, épuisement professionnel et PI avant et après la passation d’un programme de bonification des stratégies de coping. Un total de 443 intervenants a rempli, à trois temps différents, des questionnaires mesurant ces construits: avant la passation du programme (T0), sept semaines (T1) et douze semaines après celui-ci (T2). Les résultats à T0 montrent des corrélations positives entre PI et deux dimensions de l’épuisement professionnel (épuisement émotionnel et déshumanisation). Des régressions multiples ont permis de constater que l’âge et la régulation émotionnelle jouent également un rôle. À T2, le programme a permis de diminuer le stress perçu des participants et les liens entre PI, épuisement émotionnel et déshumanisation ont disparu. Ces résultats indiquent que la PI peut être associée à un plus grand risque d’épuisement professionnel mais qu’il est nécessaire d’intégrer d’autres variables pour mieux comprendre les facteurs en jeu et ainsi adapter les interventions à venir. De plus, l’engagement dans un programme qui diminue le stress pourrait permettre de contrecarrer les effets potentiellement négatifs de la PI tout en préservant les atouts qu’elle confère.

Résumé du colloque

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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