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La problématique du symbolisme du sacré féminin dans les rites afro-brésiliens

AK

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Alex Kiefer da Silva : Université Laval

Résumé de la communication

L’histoire du Brésil ne peut être comprise sans prendre en considération les processus de métissage qui ont profondément marqué la société et la culture. Quand on pense à l'hybridité culturelle reliée à la formation sociale du peuple brésilien, on ne peut ignorer l'influence de la culture africaine. Cette communication a pour but de démontrer les aspects de ce métissage culturel dans la pratique des rites du culte aux orishas féminins: les Yabás. Nous aborderons des concepts tels que « l'inculturation » et le « syncrétisme », en particulier en ce qui concerne l'identification de certaines déesses africaines (Oxum, Yemanjá, Nanã et Yansã) avec Marie, Mère de Jésus et les saintes catholiques. En même temps, nous nous proposons de montrer la force des rites pratiqués en l'honneur du féminin sacré dans les religions afro-brésiliennes, principalement l’Umbanda et le Candomblé. Notre communication prend appui sur les théories, entre autres, de Victor Turner, Joseph Campbell, Pierre Verger et Carl Jung. Ces théories permettront de comprendre les stratégies de survie des cultures ancestrales africaines présentes dans les rites aux déesses mères dans le contexte du catholicisme dominant à la suite de la colonisation.

Résumé du colloque

On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.

L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.

Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.

Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.

De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’Afrique des rites
section icon Date : 29 mai 2019

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Titre du colloque :

L’Afrique des rites

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Thème du colloque :

L’Afrique des rites