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Julie Goulet : Université de Montréal
Dans le milieu scolaire, les comportements extériorisés représentent une problématique complexe à gérer. Ces comportements peuvent avoir des conséquences importantes dans le parcours des élèves, notamment sur le plan de leur engagement scolaire. Quelques études se sont penchées sur les facteurs pouvant protéger les élèves présentant des comportements extériorisés d’un éventuel désengagement, mais aucune ne s’est attardée au rôle protecteur des parents. En réponse à cette limite, la présente étude a pour but de vérifier si l’implication parentale dans le suivi scolaire modère la relation entre les comportements extériorisés des élèves du primaire et leur engagement comportemental et cognitif. Les données ont été recueillies en début et en fin d’année scolaire auprès de 731 élèves de la troisième à la sixième année issus de milieux défavorisés et pluriethniques. Les résultats des analyses de régression montrent que les comportements extériorisés des élèves sont associés à une diminution de leur engagement, mais ce lien n’est plus apparent au niveau de l’engagement comportemental lorsque les parents valorisent davantage la scolarisation et au niveau cognitif lorsqu’ils s’investissent dans l’encadrement des devoirs de leur enfant. Ces résultats soulignent l’importance de promouvoir l’implication du parent dans le suivi scolaire de leur enfant, particulièrement lorsqu’il présente des comportements extériorisés, afin de prévenir un éventuel désengagement scolaire.
D’une année à l’autre, au primaire comme au secondaire, enseignants, professionnels et personnel de soutien accueillent de nouveaux élèves et apprivoisent de nouveaux groupes. En adaptation quasi constante, ces intervenants doivent tisser des liens avec les élèves, découvrir leurs forces et leurs capacités et, surtout, s’ajuster à leurs besoins afin de poursuivre les missions de l’école québécoise. L’unicité des élèves, à laquelle s’ajoute celle de ces acteurs, rend d’emblée l’aventure complexe. Elle se corse davantage lorsque certains élèves, dont les profils sont de plus en plus diversifiés, se démarquent du lot, et ce, pour de multitudes raisons.
On assiste depuis quelques années à une progression importante du nombre d’élèves dits « différents », qui présentent des caractéristiques singulières à divers égards (présence de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, problèmes de comportement ou de santé mentale, parcours de vie complexe, etc.). Cette montée peut à la fois être attribuable à une plus grande sensibilisation du milieu scolaire à leurs besoins, comme à une intensification des difficultés vécues par ces mêmes élèves ou même à une moins grande tolérance du milieu scolaire à leur égard. N’empêche, cette réalité fait en sorte que l’accompagnement de ces élèves représente un défi de taille, pouvant engendrer un certain sentiment d’impuissance chez l’enseignant, comme chez les autres acteurs scolaires. Afin de les soutenir dans cette tâche complexe, il importe de mieux comprendre comment ils se représentent les besoins de ces élèves et comment ils interagissent avec eux au quotidien. L’objectif du colloque est donc d’approfondir notre compréhension de cette réalité en mettant l’accent sur les représentations des acteurs scolaires à l’égard des élèves « différents », ainsi que sur la manière dont les acteurs scolaires font face à cette complexité inhérente à quiconque travaille au service des êtres humains dans un contexte de socialisation et d’apprentissage.
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