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La tradition franciscaine au Québec, une filiation occultée

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Jean-Claude Simard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L’augustinisme et le thomisme constituent les deux grands courants de la philosophie chrétienne occidentale. Si le second a fortifié la doctrine catholique dès le Moyen-ge tardif, avant de cuirasser la scolastique après le Concile de Trente, le premier a plutôt inspiré le protestantisme, après avoir contribué à la naissance de la tradition franciscaine. Au Québec, c’est par le Ratio Studiorum des Jésuites que le thomisme a pu s’imposer dans l’enseignement, donnant naissance aux collèges classiques, avant de devenir, dans la seconde moitié du XIXe siècle, une intransigeante orthodoxie académique, sociale et politique. Mais souterraine, la tradition augustino-franciscaine n’a jamais disparu. Après en avoir décrit les principales composantes, on montrera comment elle a surgi périodiquement dans notre histoire intellectuelle, chez des chercheurs (Éphrem Longpré), des poètes (Alfred Desrochers), des essayistes et activistes politiques (Pierre Vallières), et enfin, chez des philosophes comme Marc Renault.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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