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L’Afrique, le rite, la vie et la mort : l’anthropologie de Louis-Vincent Thomas

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Ângelo Cardita : Université Laval

Résumé de la communication

Selon Louis-Vincent Thomas (1922-1994), la langue de la mort nous introduit directement dans la spécificité d’une société. Cette langue implique le rite. Nous pouvons donc considérer la recherche de Louis-Vincent Thomas comme une enquête sur la spécificité africaine basée sur les liens qui unissent le rite à la Parole, la mort à la Vie. Dans cette communication, on présentera les lignes de force de la pensée de Louis-Vincent Thomas sur l’Afrique, en explorant son discours sur le rite, sur le pouvoir, sur la vie et sur la mort. Bien au-delà d’une anthropologie commune de la mort, on montrera que la recherche de Louis-Vincent Thomas pose les assises pour une véritable anthropologie concrète du sens de la vie. Au cœur de cette entreprise, on trouvera aussi la critique de l’Occident moderne et l’élévation de l’Afrique noire dans la nostalgie des symboles qui permettent de transcender la mort en exaltant la vie.

Résumé du colloque

On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.

L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.

Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.

Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.

De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’Afrique des rites
section icon Date : 29 mai 2019

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Titre du colloque :

L’Afrique des rites

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Thème du colloque :

L’Afrique des rites