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Véronique Chachai : Conseil des Atikamekw d’Opitciwan
La langue atikamekw est l’une des rares langues autochtones du Canada à être toujours parlée couramment par ses locuteurs au quotidien. Pourtant transmise de façon active aux jeunes générations, l’atikamekw n’échappe pas à la pénurie de ressources pédagogiques, notamment numériques, qui touche la quasi-totalité des langues autochtones. Pour former la relève, que ce soit au niveau des enseignants ou des simples locuteurs aptes à assurer une transmission intergénérationnelle essentielle à la survie de la langue atikamekw, nous travaillons de concert à la création de ressources électroniques qui répondent à deux besoins majeurs identifiés par les communautés elles-mêmes. Le premier but de notre approche collaborative en particip-action est de pallier cette déficience de matériel éducatif en concevant des ressources unifiées et intégrées entièrement accessibles en ligne. Depuis 2013, nous travaillons à un dictionnaire multimedia unilingue et bilingue atikamekw-français (https://dictionnaire.atikamekw.atlas-ling.ca/) accompagné de fiches de grammaire, d’une app de conjugaison des verbes, de livres audio et d’un forum terminologique. Le second objectif de notre démarche est d’impliquer au maximum les locuteurs des différentes communautés, et notamment les jeunes, en les faisant participer au mieux à ce projet afin de garantir un lien constant entre documentation, préservation, enrichissement et transmission de la langue atikamekw.
Depuis les années 1970, les langues autochtones ont traversé les murs des écoles (dans la foulée du mouvement qui donne naissance au document Maîtrise indienne de l’éducation indienne) et, depuis environ cinq ans, des cours crédités de langue ont commencé à être offerts dans les grandes villes. Ces cours sont destinés à des Autochtones qui souhaitent se réapproprier leur langue et aussi à des allochtones curieux de ce patrimoine immatériel. Or, il est important de souligner que la transmission des langues autochtones en milieu urbain québécois se fait déjà depuis plusieurs décennies dans le cadre moins formel d’ateliers, organisés avec un objectif de sécurisation culturelle.
À l’heure actuelle, ces langues sont apprises et étudiées autant dans le milieu de l’éducation que le milieu communautaire et par des publics très variés : des adultes autochtones et allochtones ou des enfants. Elles sont étudiées en tant que langue première (L1), comme chez la plupart des communautés innues, atikameks ou cries, ou que langue seconde (L2), comme chez les Abénakis ou les Mohawks. La coexistence de différents contextes d’apprentissage se traduit par différents types d’apprenants, qui requièrent des ressources humaines formées en conséquence. La demande pour des cours de langue autochtone ne cesse d’augmenter, et les institutions, instituts, centres communautaires, collèges et universités peinent à trouver des enseignants qualifiés.
Ce colloque sera l’occasion de faire le point sur les possibilités et les besoins de formation ou de perfectionnement pour les formateurs, enseignants et professeurs de langues autochtones. Il réunira des acteurs de différents milieux et favorisera les discussions entre les représentants des communautés et les chercheurs universitaires. Ce colloque permettra également d’aborder la question des compétences à développer chez les enseignant.es et du type de formation nécessaire pour l’enseignement et la transmission des langues autochtones.
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