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Benoit ST-AMAND TELLIER : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Préparer l’élève à vivre dans une société en constante évolution représente une des finalités de l’éducation au Québec depuis la parution du rapport Parent en 1963. En ce sens, cette communication présente les résultats d’une recherche sur le développement des compétences transversales en contexte alternatif, compétences qui, selon Carbonneau et Legendre (2002), aident l’élève à devenir un citoyen autonome, critique et responsable. Bien que les réformes poursuivent cet objectif depuis plus de 50 ans, les enseignants ont de la difficulté à prendre en compte ces compétences dans leurs pratiques (MELS, 2006). À l’inverse, les écoles alternatives disent se préoccuper principalement de la préparation de l’élève à la vie en société (RÉPAQ, 2009). Dans cette perspective, ces écoles favorisent une approche par projets qui, selon Lafortune (2009), peut contribuer à développer chez l’élève des outils qui l’aideront dans sa vie de futur citoyen. Par le biais d’entrevues semi-dirigées avec 6 élèves provenant d’un milieu scolaire alternatif, de groupes de discussion avec leurs parents et leurs enseignants, des contextes et orientations ont émergé comme étant favorables au développement des compétences transversales. En effet, une analyse par catégories conceptualisantes a permis de soulever trois facteurs qui semble contribuer à l’intégration des compétences transversales chez les élèves ; le développement de l’interdépendance, de l’autonomie et du pouvoir d’agir.
Dès la fin du XIXe siècle, la volonté de dépasser la tradition pédagogique en place dans les institutions scolaires engendre le mouvement des écoles nouvelles, porté par de grands pédagogues tels que Tolstoï, Dewey, Montessori, Ferrer, Claparède, Neil et Freinet. Au Québec, le mouvement des écoles alternatives apparaît au sein du système scolaire public à l’ouverture de l’école Jonathan en 1974 (RÉPAQ, 2008). Parallèlement, la pratique millénaire de l’apprentissage en famille (homeschooling) prend de l’expansion en Amérique du Nord et en Europe depuis la seconde moitié du XXe siècle (Gaither, 2008).
Aujourd’hui, en France, les écoles nouvelles connaissent un regain d’intérêt (Viaud, 2017). Les enseignants des écoles publiques sont de plus en plus nombreux à déclarer utiliser les pédagogies « nouvelles » : ils intègrent la pédagogie Montessori au sein d’écoles maternelles; ils appliquent la pédagogie coopérative (Freinet) dans leur classe; ils œuvrent dans des écoles membres de la Fédération des établissements scolaires publics innovants. Au Québec, le Réseau des écoles publiques alternatives témoigne également d’un nouvel élan, une vingtaine de projets de nouvelles écoles s’ajoutant aux 45 établissements existants (Conseil supérieur de l’éducation, 2016; Pion, 2016). De plus, la popularité grandissante de l’apprentissage en famille pousse les gouvernements à revoir leur législation pour préciser le rôle des instances publiques eu égard à cette forme d’éducation, notamment en France en 2016 (décret n° 2016-1452), au Québec en 2017-2018 (projet de loi no 144 et décret 644-2018) et en Suisse, où le canton de Vaud a récemment annoncé cette intention (Rippstein, 2018).
Encore peu étudiés dans la francophonie, ces mouvements éducatifs alternatifs doivent être mieux connus, compris et scientifiquement appuyés. En effet, ils soulèvent plusieurs questions pédagogiques, sociales et de gouvernance. De plus, leur étude présente des défis conceptuels et méthodologiques particuliers.
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