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Martin Laberge : UQO - Université du Québec en Outaouais
L’historien Marc Bloch considérait que « [l]e bon historien […] ressemble à l’ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier »[1]. La remarque de Bloch exprime, dans toute sa poésie, les tensions, inhérentes à l’analyse historique, qui existent entre les structures politiques, sociales, économiques et les individus. L’analyse de l’histoire des relations internationales, par les mécanismes qu’elle analyse et les individus qu’elle mobilise, est jalonnée par ces tensions. Dès lors, la vie privée n’échappe pas aux forces à l’œuvre dans les relations internationales alors, qu’en contrepartie, la part intime des individus façonne leur perception des phénomènes internationaux.
L’accès aux documents associés à la vie privée est nécessaire à cette perspective analytique. Cette communication souhaite donc, par le truchement de l’histoire des relations internationales, analyser l’importance des informations issues « de la vie privée » dans l’analyse historique. La vie privée des acteurs historiques permet de jeter un regard particulier sur les phénomènes internationaux, de tisser les liens entre les niveaux d’analyse tout en établissant la perception des phénomènes internationaux. Autant d’aspects du travail de l’historien qui exigent un accès aux sources de la vie privée.
[1] Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, dans Marc Bloch, L’Histoire, la guerre, la Résistance, Paris, Gallimard, 2006 [1949], p. 866.
La problématique du colloque tourne autour de la tension omniprésente qui peut exister entre l’accès aux collections patrimoniales et les restrictions d’accès imposées par le cadre légal, notamment en ce qui a trait à la protection de la vie privée. La question peut être analysée sous différents angles :
Légal : lois, règlements et procédures relatifs à l’accès à l’information dans le GC; droit à l’information; intérêt public; obligation de documenter.
Éthique : communicabilité de certains documents d’archives privées; droit à l’oubli; sources d’imputabilité gouvernementale; fondation de la démocratie.
Technologique : intelligence artificielle et vie privée; données massives; vie privée en ligne et Internet des objets.
Utilitaire : usages découlant de la consultation des documents d’archives; contraintes imposées aux usagers; impact des restrictions d’accès sur les chercheurs.
Titre du colloque :