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Sylvette BAHIRE : Université Laval
Faisant suite au processus de Bologne puis de l’adoption du LMD en France en 2003, les États en Afrique au sud du Sahara ont entrepris d’arrimer leurs systèmes d’enseignement supérieur au modèle LMD dans le cadre de la coopération internationale. Si ces systèmes d’enseignement présentent les mêmes caractéristiques de développement, il reste que chacun se distingue de l’autre par des spécificités liées au contexte politique, socio-économique et académique. Ce qui suppose que la mise en place de la réforme, même sur un cadrage politique international commun, ne produirait pas les mêmes effets. Mieux, les conditions internes à chaque État pourraient constituer des ressorts à des processus singuliers, preuve d’appropriation de la réforme. L’objectif de cette communication est d’analyser les conditions de passage au LMD dans deux universités : l’université Ouaga 1-professeur Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso) et l’université de Lomé (Togo). Il ne s’agit guère d’un travail d’évaluation, mais d’une analyse de l’arrimage au LMD qui rend compte du processus d’appropriation et d’hybridation du LMD en Afrique au sud du Sahara. Pour ce faire, nous faisons prioritairement appel aux ressources documentaires produites par les États et ces universités sur la réforme LMD. Certaines entrevues réalisées sur la réforme viendront également étayer nos analyses.
Au cours des dernières décennies, les systèmes et les établissements d'enseignement supérieur ont connu des changements profonds dans leur gouvernance et dans leurs pratiques, confrontés qu’ils sont à l’émergence de la société du savoir, aux développements démographiques, aux effets de la mondialisation, à la compétition accrue, au développement des technologies de l’information et à la fluctuation des conditions économiques (Dobbins, Knill et Vögtle, 2011). En fait, le rythme de changement de l’enseignement supérieur surpasse tout ce qui a été observé auparavant (Bruckmann, 2015).
Cette dynamique de développement sans précédent contraint les acteurs tant politiques qu’institutionnels à innover et à adapter leurs actions aux nouveaux contextes qui se mettent en place. Quelles que soient les orientations privilégiées ou les décisions prises, ces choix s’inscrivent dans un système de tensions où les réformes, les changements et les solutions peuvent être envisagés comme des équilibres à trouver entre les pôles des axes liant (Lee, 2005) : 1) la quantité et la qualité; 2) la diversification et la spécialisation; 3) la tradition et l’innovation; et 4) la dimension nationale et la dimension internationale.
Les questions que suscite ce thème sont nombreuses et interpellent tous les systèmes d’enseignement supérieur. Les participants à ce colloque seront invités à réfléchir aux effets de ces tensions, aux défis qu’elles induisent et aux stratégies à déployer pour en concilier les pôles : Comment ces tensions sont-elles vécues dans différents contextes professionnels et sociopolitiques? Comment les établissements répondent-ils à ces tensions en contexte de changements profonds? Comment s’assurer de l’adéquation des orientations privilégiées et de l’efficacité des actions mises en place? Quelles sont les évolutions qui sont à prévoir et comment s’y préparer?
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