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Patricia Dionne : Université de Sherbrooke
Si le rôle des représentations du marché du travail a souvent été étudié dans les travaux sur l’insertion sociale et professionnelle, leur influence sur les parcours scolaires a peu été traitée. En outre, on sait que les rapports au travail et les normes associées à la réussite sont pluriels chez les jeunes (Bourdon, Longo, & Charbonneau, 2018). Cependant, l’éventail des possibilités professionnelles envisagées par ces derniers est parfois restreint par des représentations du marché du travail qui peuvent limiter les choix d’orientation scolaire et professionnelle (ex. Dalley-Trim, Alloway, & Walker, 2008). Ces représentations limitantes (RL) peuvent notamment être associées au genre (Vouillot, Blanchard, Marro, & Steinbrukner, 2004) ou à l’origine culturelle (Flores, 2009). Face à ces constats, notre équipe (Bourdon et al., 2019), a mis en oeuvre un programme d’intervention de groupe, le programme S’orienter, dans 6 milieux scolaires du Québec (du secondaire à l’université), visant à outiller les élèves pour contrer les effets négatifs de certaines RL. Pour cette communication, les analyses préliminaires des vidéos de l’intervention, des groupes de discussion et entrevues individuelles réalisées permettront de mettre en discussion les conditions mises en oeuvre dans l’intervention pour amener les jeunes à discuter et réfléchir sur leurs rapports au travail et pour susciter le développement d’un rapport plus conscient à des RL pouvant restreindre leur choix professionnel.
Au cours des dernières décennies, le contenu et les conditions d’exercice du travail se sont profondément transformés : changements techniques et organisationnels importants; reconfiguration des conflits et des rapports sociaux de travail; modifications des arrimages entre la vie professionnelle et la vie privée; transformations des repères spatiaux et temporels de l’activité. De nouvelles stratégies d’entreprise ont aussi été déployées, qui se traduisent par une quête de flexibilité fondée sur l’externalisation d’une partie de l’emploi, une réduction des droits et des sécurités et l’émergence des outils technologiques qui changent la nature du travail et imposent un nouveau modèle productif. Dans ce contexte, le rapport au travail des nouvelles générations subit des métamorphoses importantes. Défini comme la manière de vivre le travail, la place qu’il occupe dans la vie et la signification qu’il revêt, le rapport au travail est un médiateur entre les contextes socioéconomiques et culturels et la situation en emploi des jeunes. Il repose sur un ensemble de représentations, de relations à soi et aux autres, de dispositions vers le marché du travail et le monde en général, qui déterminent tant la place individuelle attribuée par les jeunes au travail que la contribution de celui-ci à la société.
Quels sont les effets des changements socioéconomiques contemporains sur les rapports au travail des jeunes? Dans quelle mesure les transformations en cours modifient-elles les manières de se représenter le travail, de se conduire en emploi et d’effectuer des choix professionnels chez les nouvelles générations?
Conçu dans une perspective interdisciplinaire et combinant plusieurs approches analytiques, le colloque est structuré autour de trois axes : 1) rapports au travail, secteurs et groupes professionnels; 2) rapports au travail et vulnérabilités; 3) rapports au travail, construction et comparaison intergénérationnelle.
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