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Annie Fontaine : Université Laval
Si certains jeunes profitent aujourd’hui de multiples opportunités pour trouver réponse à leurs besoins et aspirations, d’autres s’inscrivent dans un parcours d’intégration sociale plus fragilisé et doivent même parfois emprunter des voies compensatoires ou marginalisées pour faire leur place dans la société. Ainsi, au cours des nombreuses reconfigurations de liens sociaux (famille, amis, amours, loisirs, école, travail, etc.) qu’impliquent l’adolescence et la transition à la vie adulte, plusieurs jeunes connaissent des ruptures relationnelles pouvant mener à des situations de désaffiliation sociale et d’instabilité résidentielle. Or, comme leurs trajectoires sont souvent faites d’allers-retours, de hauts et de bas et d’essais-erreurs, l’intervention commande adaptabilité et souplesse pour accompagner ces jeunes dans leurs aléas quotidiens et existentiels. Faisant écho à cet impératif, le travail de rue constitue une forme d’intervention de proximité dont l’approche globale permet de combiner des visées de prévention et de réduction des risques associés au phénomène de l’itinérance des jeunes. Prenant appui sur un rapport de recherche au sujet de la négociation du sens et des usages des pratiques de travail de rue, cette communication exposera quelques conditions qui participent à l’adéquation de ce mode d’accompagnement social auprès des jeunes en situation d’itinérance et à risque de s’y retrouver.
L’itinérance chez les jeunes est une réalité complexe marquée par une combinaison de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Cette pluralité de facteurs et de parcours nécessite de repenser les stratégies d’intervention à la lumière de la prévention. Si différentes mesures politiques ont récemment vu le jour au Québec afin de lutter contre l’itinérance, peu d’efforts sont consacrés à la mise en place d’actions concrètes et concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Les interventions réalisées sont principalement organisées autour d’une logique d’urgence, et ce, au détriment des stratégies de prévention de l’itinérance (Gaetz et Dej, 2016). Dans cette logique, les services offerts aux jeunes visent à répondre à leurs besoins essentiels afin qu’ils reprennent un certain pouvoir sur leur quotidien et qu’ils puissent amorcer un processus de sortie de l’itinérance. Toutefois, cette logique d’urgence conduit à une spécialisation et à une segmentation des différents services qui peut exclure et marginaliser davantage les jeunes (Nichols, 2016). Il semble impératif de rompre avec cette logique d’urgence afin de concentrer plutôt les efforts de recherche et d’intervention dans une logique de prévention globale, cohérente et concertée qui reconnaît la combinaison des facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels de l’itinérance. D’ailleurs, de nombreux milieux de pratique soulignent l’importance des actions concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser différents savoirs sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes, et en discuter. Pour ce faire, nous rassemblons des contributions autour de deux axes de réflexion : 1) les connaissances scientifiques sur les moments décisifs menant les jeunes vers l’itinérance; 2) les connaissances scientifiques sur les pratiques d’intervention novatrices liées à la prévention de l’itinérance chez les jeunes.
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