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L’enseignement de l’innu à l’Université de Montréal : bilan et perspectives

GL

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Gabriella Lodi : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans les dernières années, une offre de cours de langues autochtones est devenue incontournable à l’Université de Montréal. Ainsi, après avoir échangé avec deux représentants de l’organisme Montréal autochtone qui offre des cours de langues, le Centre de langues a procédé à la création de quatre cours axés sur la communication pour lesquels le choix de l’innu a été favorisé. En 2017, le premier cours a été ouvert et, depuis, les cours d’innu sont offerts selon les approches pédagogiques privilégiées pour les douze autres langues étrangères enseignées. Il est certain que l’expérience acquise dans ce cadre a contribué au bon succès obtenu jusqu’à présent. En effet, depuis longtemps, les enseignants du Centre de langues étudient et expérimentent de nouvelles stratégies afin de répondre aux besoins spécifiques des apprenants qui font face à des phénomènes linguistiques particuliers ou qui étudient une des « Less Commonly Taught Languages » avec tout ce que cela comporte. Toutefois, malgré l’expérience déjà acquise par notre institution, Yvette Mollen, engagée au titre de chargée de cours, a dû déployer des efforts considérables pour pallier à l’absence de matériel pédagogique approprié ou d’études pertinentes dans le domaine. Avec les cours d’innu, l’UdeM a indéniablement la possibilité de contribuer à la protection, voire à la valorisation des langues autochtones du Québec, mais comment assurer que le travail entamé par Yvette Mollen soit adéquatement soutenu et poursuivi?

Résumé du colloque

Depuis les années 1970, les langues autochtones ont traversé les murs des écoles (dans la foulée du mouvement qui donne naissance au document Maîtrise indienne de l’éducation indienne) et, depuis environ cinq ans, des cours crédités de langue ont commencé à être offerts dans les grandes villes. Ces cours sont destinés à des Autochtones qui souhaitent se réapproprier leur langue et aussi à des allochtones curieux de ce patrimoine immatériel. Or, il est important de souligner que la transmission des langues autochtones en milieu urbain québécois se fait déjà depuis plusieurs décennies dans le cadre moins formel d’ateliers, organisés avec un objectif de sécurisation culturelle.

À l’heure actuelle, ces langues sont apprises et étudiées autant dans le milieu de l’éducation que le milieu communautaire et par des publics très variés : des adultes autochtones et allochtones ou des enfants. Elles sont étudiées en tant que langue première (L1), comme chez la plupart des communautés innues, atikameks ou cries, ou que langue seconde (L2), comme chez les Abénakis ou les Mohawks. La coexistence de différents contextes d’apprentissage se traduit par différents types d’apprenants, qui requièrent des ressources humaines formées en conséquence. La demande pour des cours de langue autochtone ne cesse d’augmenter, et les institutions, instituts, centres communautaires, collèges et universités peinent à trouver des enseignants qualifiés.

Ce colloque sera l’occasion de faire le point sur les possibilités et les besoins de formation ou de perfectionnement pour les formateurs, enseignants et professeurs de langues autochtones. Il réunira des acteurs de différents milieux et favorisera les discussions entre les représentants des communautés et les chercheurs universitaires. Ce colloque permettra également d’aborder la question des compétences à développer chez les enseignant.es et du type de formation nécessaire pour l’enseignement et la transmission des langues autochtones.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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