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Maria Eugenia LONGO : INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société
Sachant que le réseau personnel agit souvent comme intermédiaire entre l’individu et la société (Bidart 2012; Degenne et Forsé 2004), les personnes qui composent le réseau jouent un rôle important dans le processus de socialisation des jeunes (Bidart 2008). De même, lors de la transition des jeunes vers la vie adulte, l’insertion sur le marché du travail est marquée par des choix et des contraintes, ainsi que des représentations, des rapports symboliques et des pratiques (Longo, 2018; Longo et Bourdon, 2016) dans lequel l’entourage est susceptible d’avoir une influence significative.
À partir de données issues d’une cinquantaine d’entretiens qualitatifs au sein de l’enquête Les rapports au travail des jeunes en situation de vulnérabilité: dynamiques sociales, action publique et expérience individuelle en France et au Québec, cette communication propose de réfléchir aux liens entre les relations et les rapports au travail des jeunes adultes en situation de vulnérabilité (immigrants récents, ruraux, autochtones, décrocheurs, surqualifiés) du volet québécois de l’enquête. Nous nous intéressons, tout d’abord, au sens que ces jeunes donnent au travail. Ensuite, nous cherchons à identifier les personnes significatives dans la construction de ces sens, tout en caractérisant leurs relations (influence, recours/soutien, pression). Enfin, nous visons à réfléchir à la manière dont le réseau de ces jeunes s’articule à leur situation de vulnérabilité sur le marché du travail.
Au cours des dernières décennies, le contenu et les conditions d’exercice du travail se sont profondément transformés : changements techniques et organisationnels importants; reconfiguration des conflits et des rapports sociaux de travail; modifications des arrimages entre la vie professionnelle et la vie privée; transformations des repères spatiaux et temporels de l’activité. De nouvelles stratégies d’entreprise ont aussi été déployées, qui se traduisent par une quête de flexibilité fondée sur l’externalisation d’une partie de l’emploi, une réduction des droits et des sécurités et l’émergence des outils technologiques qui changent la nature du travail et imposent un nouveau modèle productif. Dans ce contexte, le rapport au travail des nouvelles générations subit des métamorphoses importantes. Défini comme la manière de vivre le travail, la place qu’il occupe dans la vie et la signification qu’il revêt, le rapport au travail est un médiateur entre les contextes socioéconomiques et culturels et la situation en emploi des jeunes. Il repose sur un ensemble de représentations, de relations à soi et aux autres, de dispositions vers le marché du travail et le monde en général, qui déterminent tant la place individuelle attribuée par les jeunes au travail que la contribution de celui-ci à la société.
Quels sont les effets des changements socioéconomiques contemporains sur les rapports au travail des jeunes? Dans quelle mesure les transformations en cours modifient-elles les manières de se représenter le travail, de se conduire en emploi et d’effectuer des choix professionnels chez les nouvelles générations?
Conçu dans une perspective interdisciplinaire et combinant plusieurs approches analytiques, le colloque est structuré autour de trois axes : 1) rapports au travail, secteurs et groupes professionnels; 2) rapports au travail et vulnérabilités; 3) rapports au travail, construction et comparaison intergénérationnelle.
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