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Marco Ruffino : University of Campinas
La théorie des actes illocutoires a été élaborée par Austin (1962) et développée par Searle (1969, 1975, 1979) pour rendre compte des aspects illocutoires de la signification des énonciations. Elle explique l’accomplissement des actes illocutoires comme promettre, ordonner, affirmer, définir ainsi que leurs différences. Cette théorie était à l’origine conçue comme étant exclusivement pragmatique et consacrée aux aspects linguistiques des actions. Ensuite elle a été appliquée en philosophie de l’esprit, du droit et en philosophie sociale. En philosophie des mathématiques, peu d'attention a été accordée aux phénomènes pragmatiques. Car les aspects pragmatiques du langage mathématique sont presque ignorés. Les mathématiques sont généralement considérées comme traitant des vérités objectives et des propositions fonctionnelles, et leurs résultats sont exprimés dans un langage idéal formalisé. Les phénomènes typiquement pragmatiques comme les implicatures, les présuppositions et les actes illocutoires sont omniprésents dans le langage ordinaire, mais beaucoup moins évidents en mathématiques. Cependant, cette vue néglige de nombreux aspects importants (parfois même essentiels) des théories mathématiques et de leur pratique. Notre hypothèse de travail est que l’activité de découverte et de démonstration de théorèmes est imprégnée d’actes illocutoires accomplis par des agents (soit en groupe, soit individuellement, soit par projection d’un sujet idéal).
Le langage sert à exprimer et à communiquer les pensées des interlocuteurs. L’usage du langage est une forme de comportement social. C'est en dialoguant que les locuteurs communiquent leurs pensées conceptuelles. Toutes les sciences qui traitent du langage, de l’action et de la pensée (la philosophie, la logique, les sciences humaines et l’intelligence artificielle) reconnaissent l’importance des différents types d’actes de discours (les actes d’énonciation, de référence, de prédication, d’expression de propositions et d’attitudes, les actes illocutoires et perlocutoires individuels et conjoints). Selon la théorie des actes de discours, les actes de discours du genre illocutoire sont les unités premières de signification et de communication dans l’usage et la compréhension du langage. Jusqu’à présent, on a surtout analysé les actes illocutoires de premier niveau accomplis par des locuteurs individuels à un seul moment d’énonciation. Cependant les interlocuteurs entendent surtout dialoguer. Parfois même leur objectif est purement conversationnel : décrire le monde, délibérer comment agir, changer le monde en faisant des déclarations et exprimer des attitudes conjointes. Notre but principal sera d’analyser la structure et la dynamique des dialogues ayant un objectif conversationnel. Nous traiterons des dialogues intelligents entre hommes et machines ainsi que de certains discours capitaux en éthique, droit et politique. Le colloque réunira des logiciens, linguistes, philosophes, juristes et informaticiens qui collaborent. On parlera des actes illocutoires de niveau supérieur. Certains chercheurs indépendants feront des présentations critiques de la théorie des actes de discours sur l’analyse de la conversation. Les communications seront regroupées autour de trois axes : Le premier axe regroupera des communications en philosophie du langage et de l’esprit. Le second concernera la modélisation logique et informatique des dialogues intelligents. Le troisième traitera de discours et de textes juridiques, politiques, éthiques et religieux particuliers des langues naturelles.
Nous traiterons des relations internes entre les deux fonctions essentielles d’expression et de communication, et la structure profonde du langage. Nous montrerons que la forme logique des actes illocutoires de premier et de second niveau impose des exigences formelles à la structure logique profonde de toute langue naturelle possible ainsi qu’à l’esprit des interlocuteurs compétents. Ainsi nous argumenterons que certains traits syntaxiques, logiques, sémantiques, pragmatiques et cognitifs sont transcendants et universaux, car ils sont indispensables. Nous montrerons aussi qu’il y a des discours éthiques, juridiques, politiques et mathématiques pourvus des quatre buts conversationnels : descriptif, délibératif, déclaratoire et expressif.
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