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Michel Umbriaco : Université TÉLUQ
Dans le cadre d’une recherche de l’Équipe de recherche sur les administrations universitaires (ERAU), nous avons entrepris depuis quelques mois une série d’une centaine d’entrevues avec des administrateur-trices des universités du Québec (recteurs, vice-recteurs, secrétaires généraux, etc.). À la suite de la publication récente de premières données sociodémographiques de cette recherche (Demers et al., 2019), nous vous présenterons quelques données très préliminaires tirées de verbatim d’entrevues. Ainsi, en 1993, une majorité des personnes en poste, qui n’avaient pas été formées dans les universités dites de masse, nourrissaient une nostalgie liée au mythe d'un âge d'or (soit médiéval ou humboltdien) des universités. En 2019, très peu de personnes se réfèrent à ces archétypes (volontaire amnésie postmoderniste) pour plutôt reconnaitre la nécessité de l’accessibilité encore visée de l’université de masse tout en misant sur les promesses de modèles d’universités plus performantes et plus utiles (socialement et individuellement) tout en étant en phase avec les avancées technologiques.
Au cours des dernières décennies, les systèmes et les établissements d'enseignement supérieur ont connu des changements profonds dans leur gouvernance et dans leurs pratiques, confrontés qu’ils sont à l’émergence de la société du savoir, aux développements démographiques, aux effets de la mondialisation, à la compétition accrue, au développement des technologies de l’information et à la fluctuation des conditions économiques (Dobbins, Knill et Vögtle, 2011). En fait, le rythme de changement de l’enseignement supérieur surpasse tout ce qui a été observé auparavant (Bruckmann, 2015).
Cette dynamique de développement sans précédent contraint les acteurs tant politiques qu’institutionnels à innover et à adapter leurs actions aux nouveaux contextes qui se mettent en place. Quelles que soient les orientations privilégiées ou les décisions prises, ces choix s’inscrivent dans un système de tensions où les réformes, les changements et les solutions peuvent être envisagés comme des équilibres à trouver entre les pôles des axes liant (Lee, 2005) : 1) la quantité et la qualité; 2) la diversification et la spécialisation; 3) la tradition et l’innovation; et 4) la dimension nationale et la dimension internationale.
Les questions que suscite ce thème sont nombreuses et interpellent tous les systèmes d’enseignement supérieur. Les participants à ce colloque seront invités à réfléchir aux effets de ces tensions, aux défis qu’elles induisent et aux stratégies à déployer pour en concilier les pôles : Comment ces tensions sont-elles vécues dans différents contextes professionnels et sociopolitiques? Comment les établissements répondent-ils à ces tensions en contexte de changements profonds? Comment s’assurer de l’adéquation des orientations privilégiées et de l’efficacité des actions mises en place? Quelles sont les évolutions qui sont à prévoir et comment s’y préparer?
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