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Laurence Guénette : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, certains groupes « verts » se servent du droit pour tenter de protéger l’environnement. Parfois, les militant-e-s et organismes subissent plutôt le droit à titre répressif, sous la forme de diverses mesures judiciaires. Inspirée par les écrits sur les rapports des mouvements sociaux au droit, cette recherche utilise le cadre théorique des consciences du droit pour étudier les rapports complexes que le mouvement vert québécois entretient avec le droit. Posant un regard différent sur le droit, la chercheure mobilise les importantes connaissances des « profanes » au sujet du droit.
Les données ont été recueillies en 2018 auprès de douze militant-e-s du mouvement vert, via des entretiens qualitatifs semi-dirigés. L’hypothèse de départ supposait que les difficultés d’accès au droit et à la justice feraient partie des multiples facteurs qui façonnent les consciences du droit des militant-e-s, avec les contraintes matérielles, les conceptions de la légitimité, le rapport à l’État et les considérations stratégiques. L’analyse a généré une documentation empirique des enjeux d’accessibilité au droit propres au mouvement vert québécois, qui invitent à ébaucher des pistes de solution sensibles à la réalité terrain dépeinte par les militant-e-s. La recherche permet aussi de proposer à la communauté scientifique des réflexions sur les consciences du droit de personnes militantes, engagées dans les dimensions collective et revendicative des mouvements sociaux.
Parmi les difficultés qui prévalent entre les citoyens et le monde juridique au sein des sociétés démocratiques, l’accès au droit et à la justice représente l’un des principaux défis aujourd’hui. Ce phénomène est multiforme : méconnaissance du droit, incompréhension du langage juridique, méfiance des justiciables envers les praticiens, multiplication de l’autoreprésentation, désaffection des tribunaux, etc. Ces différentes situations problématiques portent à penser que l’accès au droit et à la justice est un révélateur incontournable pour observer, comprendre et expliquer les transformations juridiques et les changements sociaux dans les sociétés contemporaines.
Dans la francophonie, les sciences humaines et sociales peinent à constituer le problème de l’accès au droit et à la justice comme un objet d’étude « normal », de même qu’à le reconnaître comme un domaine de recherche « porteur ». On prend pour preuve l’absence d’une publication d’importance qui offre un panorama de la contribution des sciences humaines et sociales à l’avancement des connaissances relativement aux problèmes posés par l’accès au droit et à la justice dans les sociétés contemporaines.
Les travaux qui érigent l’accès au droit et à la justice en objet d’étude prolifèrent néanmoins aujourd’hui dans la francophonie, d’où l’intérêt de prendre acte de la recherche actuellement produite par rapport à ce problème. Pour ce faire, cinq axes d’interrogation structurent le colloque proposé : 1) Quels thèmes concernant l’accès au droit et à la justice retiennent l’attention des chercheurs en sciences humaines et sociales? 2) Quels terrains empiriques investissent-ils pour les explorer? 3) Quels concepts et quelles méthodes mobilisent-ils afin de les éclairer? 4) Quels sont les apports de ces recherches à la compréhension du monde juridique? 5) Quelles sont les perspectives d’avenir de la recherche en sciences humaines et sociales relativement à l’accès au droit et à la justice dans la francophonie?
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