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Cristelle Cavalla : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Dans le cadre de l’aide à l’écriture universitaire auprès d’étudiants étrangers, nous travaillons sur le lexique phraséologique transdisciplinaire à l’aide de corpus numériques. Nous souhaitons aider les étudiants à rédiger, mais aussi à dépasser leur angoisse de l’écriture en mettant en avant des éléments moins anxiogènes – parfois – que la langue. La problématique de cette étude est donc tournée vers le choix de l’entrée pédagogique à adopter pour aider à l’écriture académique, qui dans nos cours s’est faite par les outils d’aide à l’écriture.
Nous présenterons l’entrée pédagogique choisie, les outils présentés (Lexicoscope, Ngram-Viewer…), puis les questionnements linguistiques des étudiants. Nous aborderons la question de la place des corpus numériques en classe de langue et leur complémentarité avec les dictionnaires et les sites de traduction. Puis nous nous pencherons sur les formes figées et semi-figées rencontrées dans les écrits scientifiques. Ces éléments phraséologiques transdisciplinaires contribuent à la structuration de l’écrit et leur fonction discursive est souvent une découverte pour les étudiants allophones. Enfin, nous nous interrogerons sur la bienveillance pédagogique mise en place dans ce cadre. Les étudiants paraissent moins anxieux face à la langue et à la rédaction d’un écrit universitaire quand ils explorent des outils d’aide à la rédaction avant d’aborder des complexités linguistiques qui paraissent insurmontables pour certains d’entre eux.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
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