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Julie Marguerite Deschênes : Université de Montréal
Si la précarité socio-économique induit un stress nuisible à la santé mentale, le contexte d’itinérance s’avère des plus délétères. Les répercussions peuvent être particulièrement marquantes pour un jeune puisqu’elles surviennent en conjoncture avec une période cruciale du développement. Malgré la présence d’une détresse psychologique élevée, les jeunes en situation d’itinérance utilisent peu les services de santé mentale. Les situations complexes auxquelles ils sont confrontés les placent à la jonction entre différentes ressources des milieux institutionnels et communautaires; entre les services de santé mentale jeunesse et adulte ainsi qu’entre les différents secteurs gouvernementaux. Lorsqu’une demande d’aide est initiée, les défis rencontrés peuvent se situer tant au niveau de l’accès que de l’engagement au sein des services de santé mentale. Est-ce parce que ces derniers leur apparaissent trop détachés de leurs besoins ou de leur culture? Est-ce parce qu’il leur est difficile de naviguer dans ce système complexe? Est-ce parce que la santé mentale n’est pas priorisée parmi l’ensemble de leurs besoins? Cette recherche s’insère dans l’étude canadienne ACCESS-Esprits Ouverts; visant l’amélioration des services de santé mentale pour les jeunes. Elle s’intéresse plus spécifiquement aux jeunes en situation d’itinérance afin de dégager les défis rencontrés par ceux-ci et les conditions favorisant leur accès et leur engagement au sein de ces services.
L’itinérance chez les jeunes est une réalité complexe marquée par une combinaison de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Cette pluralité de facteurs et de parcours nécessite de repenser les stratégies d’intervention à la lumière de la prévention. Si différentes mesures politiques ont récemment vu le jour au Québec afin de lutter contre l’itinérance, peu d’efforts sont consacrés à la mise en place d’actions concrètes et concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Les interventions réalisées sont principalement organisées autour d’une logique d’urgence, et ce, au détriment des stratégies de prévention de l’itinérance (Gaetz et Dej, 2016). Dans cette logique, les services offerts aux jeunes visent à répondre à leurs besoins essentiels afin qu’ils reprennent un certain pouvoir sur leur quotidien et qu’ils puissent amorcer un processus de sortie de l’itinérance. Toutefois, cette logique d’urgence conduit à une spécialisation et à une segmentation des différents services qui peut exclure et marginaliser davantage les jeunes (Nichols, 2016). Il semble impératif de rompre avec cette logique d’urgence afin de concentrer plutôt les efforts de recherche et d’intervention dans une logique de prévention globale, cohérente et concertée qui reconnaît la combinaison des facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels de l’itinérance. D’ailleurs, de nombreux milieux de pratique soulignent l’importance des actions concertées pour prévenir l’itinérance chez les jeunes. Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser différents savoirs sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes, et en discuter. Pour ce faire, nous rassemblons des contributions autour de deux axes de réflexion : 1) les connaissances scientifiques sur les moments décisifs menant les jeunes vers l’itinérance; 2) les connaissances scientifiques sur les pratiques d’intervention novatrices liées à la prévention de l’itinérance chez les jeunes.
Titre du colloque :