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Marina Schwimmer
Depuis plus d’une dizaine d’années, des interventions basées sur la présence attentive (IBPA) se multiplient dans les écoles publiques primaires et secondaires ainsi que dans les institutions postsecondaires d’un vaste nombre de d’États occidentaux, dont le Québec. Bien que la recherche sur les IBPA scolaires en soit à ses débuts, plusieurs synthèses et méta-analyses démontrent déjà leurs effets positifs sur l’attention, la métacognition, la résilience, le stress et l’empathie (Taylor et Malbœuf-Hurtubise, 2016). Ce phénomène s’insère dans une culture scolaire qui tend à se préoccuper de plus en plus du bien-être des élèves à l’école. Cependant, peu de recherches se sont arrêtées sur les enjeux sociaux et politiques des nouvelles pratiques thérapeutiques et contemplatives dans le cadre scolaire.
Cette communication présente les premiers résultats de notre recherche documentaire et philosophique sur la signification sociale et politique des IBPA à l’école. Le but de la présentation est d’ouvrir la réflexion des enjeux qui dépassent la santé psychologique des jeunes. La communication présentera un bref état de la littérature philosophique sur les IBPA à l’école, puis discutera de l’importance de considérer le rôle de la présente idéologie néolibérale dans l’évolution du phénomène. Finalement, la communication propose quelques considérations à intégrer pour mieux tenir compte de ces enjeux sociopolitiques dans la conception de ces interventions à l’école.
Nombre d’études ont documenté la détresse psychologique des enseignants et ses effets néfastes tels que le stress (Skaalvik et Skaalvik, 2009), l’épuisement professionnel (Five et al., 2007) et l’attrition professionnelle (Sharplin et al., 2011). Au Québec, un enseignant sur cinq évalue sa santé mentale de moyenne à médiocre (Houlfort et Sauvé, 2010). On sait aussi que la détresse psychologique d’un enseignant peut avoir des effets négatifs sur ses élèves (Jang et al., 2016).
La santé psychologique et le bien-être à l’école renvoient à une multitude de concepts : détresse psychologique, stress, bien-être, résilience, motivation, sentiment d’efficacité, compétence émotionnelle, etc. Bon nombre d’études se centrent presque exclusivement sur des indicateurs de santé psychologique négatifs, alors qu’il importe de prendre en compte également la présence d’états positifs (Hontoy et Grégoire, 2015). Progressivement, on privilégie des approches qui considèrent davantage les forces individuelles que les déficits (Magyar-Moe, 2015), car le sentiment de bien-être des apprenants semble lié à un meilleur apprentissage (Rascle et Bergugnat, 2016).
En vue d’améliorer la santé psychologique, d’aucuns privilégient le développement d’interventions s’appuyant notamment sur le yoga et la présence attentive. Brouillette (2008) révèle que des ateliers de yoga favorisent le développement de certaines compétences d’élèves du préscolaire. Par ailleurs, Malboeuf-Hurtubise, Leroux et Taylor (2018) soutiennent que les interventions basées sur la présence attentive s’avèrent faciles à implanter et favorisent une bonne santé mentale chez les élèves du primaire. Chez les enseignants, ce type d’interventions favorise une réduction des symptômes de détresse psychologique, une amélioration de la régulation émotionnelle et du sentiment d’efficacité personnelle (Flook et al., 2013; Jennings et al., 2013, 2017), puis a des effets positifs sur la résilience et le bien-être (Hwang et al., 2017).
Ce symposium est l’occasion de se questionner sur la place de la promotion de la santé psychologique et du bien-être à l’école, tant auprès des élèves, des enseignants en exercice, que des futurs enseignants. Il permet d’exposer et de clarifier divers concepts sous-jacents (présence attentive, compétence émotionnelle, sentiment d’efficacité personnelle, yoga, etc.), puis de déterminer des pistes de formation et d’intervention en vue de favoriser le bien-être à l’école.
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