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Marina Cayetano Evangelista : Université de Montréal
Les expressions faciales ont été utilisées pour évaluer la douleur chez différentes espèces non verbales (Langford et al., 2010; Sotocinal et al., 2011; Dalla Costa et al. 2014). L'objectif notre étude était de développer et valider la « Feline Grimace Scale » (FGS). Trente-cinq chats appartenant à des clients et 20 chats contrôles (non douloureux) ont été filmés dans leurs cages pendant 6 minutes. Les chats douloureux ont reçu un traitement analgésique et ont été filmés une heure plus tard. Cinq unités d'action (UA) ont été identifiées à partir des images : position des oreilles, fermeture des yeux, tension du museau, position des vibrisses et position de la tête. Quatre observateurs ont évalué indépendamment 110 images de chats contrôles ou en douleur, à deux reprises à 30 jours d'intervalle, en utilisant les UA. Les scores FGS étaient plus élevés chez les chats douloureux que chez les contrôles. Une très forte corrélation avec un instrument validé pour l’évaluation de la douleur chez le chat a été observée, ainsi qu'une bonne fiabilité inter-observateur, excellente fiabilité intra-observateur et excellente cohérence interne. La FGS a détecté la réponse au traitement analgésique (les scores après l'analgésie étaient plus bas qu'auparavant) et un seuil pour l’analgésie a été déterminé (≥0.39/1.0). La FGS est capable de discriminer les chats douloureux de ceux qui ne les sont pas. Il s’agit d’un outil valide et fiable pour évaluer la douleur aiguë chez le chat.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.
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