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Nathalie Mondain : Université d'Ottawa
L’accès à l’éducation pour tous, prôné depuis la Conférence de Jomtien (1990) jusqu’aux Objectifs de Développement Durable (ODD) n’est synonyme ni de maintien à l’école ni d’apprentissage de qualité, questionnant ainsi le rôle supposé émancipateur de l’école. Ainsi, de nombreux pays en Afrique sud-saharienne font face à des indicateurs préoccupants quant à l’acquisition des compétences de base, notamment chez les filles. En effet, celles-ci, malgré les progrès observés en matière de scolarisation, restent exposées à l’exclusion du système scolaire pour différentes raisons. C’est dans ce contexte qu’une association, la Maison de l’éducation (MDE), à Ziguinchor (Casamance, Sénégal), offre un programme d’accompagnement aux filles ( 6-16 ans) en marge de l’école impliquant les familles, particulièrement les mères. En 2018, une enquête par questionnaire a été menée par quatre étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa auprès de toutes les filles du programme dans le cadre d’un terrain de recherche. L’objectif consistait à préciser les configurations sociales d’origine des filles pour mieux orienter les activités offertes par la MDE. Leurs analyses ouvrent des pistes de recherche quant au rôle de la structure familiale sur les parcours scolaires des filles, et au fait que plusieurs d’entre elles continuent à travailler en dehors des heures de l’école. L’importance de nuancer les relations complexes entre éducation, scolarisation et travail chez les jeunes filles est discutée.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
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