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Les organisations communautaires et la création de nouvelles catégories de l’action publique : le cas de l’intervention de première ligne en usages de drogues.

RP

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Romain Paumier : Université de Montréal

Résumé de la communication

À première vue, le nombre et le nom des organismes communautaires dont le mandat premier est d’intervenir auprès d’usagers de drogues à Montréal sont stables depuis 1995. Une longévité des acteurs communautaires cependant accompagnée de très nombreux et très profonds changements organisationnels : programmes et postes naviguant entre financement à la mission, aux mandats ou aux projets, déficits structurels, multiplication des programmes et des services, diversification et homogénéisation du matériel de consommation distribué, hybridation de certains programmes à l’interface du communautaire et de l’institutionnel (les services d’injection supervisée), etc. Par ailleurs, la liste des nouveaux services ou programmes ayant émergés depuis les trente dernières années est ainsi particulièrement longue. S’appuyant sur une recherche doctorale basée sur une ethnographie de près de deux ans au sein d’organisations communautaires travaillant avec des personnes utilisatrices de drogues (observation participante, entretiens semi-directifs, documents d’archives), cette communication propose d’éclairer les enjeux de développement et de structuration de ces organismes. Entre la volonté de répondre au mieux aux réalités du terrain et les contraintes politiques, juridiques, financières voire morales qui entourent la question des consommations de drogues, comment le communautaire façonne-t-il les contours nécessaires, légitimes et pertinents de son action sociale?

Résumé du colloque

Les nombreuses réformes opérées dans le réseau de la santé et des services sociaux depuis les 20 dernières années se sont réalisées dans le sillon de la nouvelle gestion publique (NGP). Ces réformes ont contribué à transformer la pratique d’intervention sociale individuelle, de groupe et collective dans les secteurs institutionnels et communautaires. Plus récemment, le projet de loi no 10, communément appelé la réforme Barrette, marque une transformation majeure du réseau public par la création d’un nombre réduit de mégaétablissements centralisés, visant à favoriser l’accès aux soins tout en réduisant les coûts du système. Des mégaétablissements ont été créés en fusionnant les établissements d’un territoire donné en un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), certains avec un statut universitaire (CIUSSS). La majorité des services du réseau a été regroupée dans divers secteurs : CLSC, CJ, CR, CH, CHSLD, GMF. Dans le contexte de cette fusion – forcée –, les intervenants sociaux font face à des changements importants : réorganisation des programmes et des services, nouvelles équipes de travail et nouveaux collaborateurs, déplacement dans des territoires immenses, changements de poste, surcharge de travail, détresse, etc. Quatre ans après l’entrée en vigueur du projet de loi no 10, plusieurs questions et enjeux soulevés par la pratique méritent d’être posés : comment se sont opérés les changements au sein des établissements? Quels ont été les facteurs facilitant ou compliquant les transferts de personnel – du CLSC au GMF, d’une équipe à une autre? Comment se déroule la pratique, notamment en GMF et en protection de la jeunesse? Quelles sont les retombées pour les services à la population, notamment les plus vulnérables? Quels sont les nouveaux enjeux pour les intervenants sociaux et pour les cadres? Plusieurs autres questions sont susceptibles d’émerger de ce contexte en pleine transformation appelant à une adaptation et à une réorganisation inachevées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Romain Paumier
section icon Date : 29 mai 2019

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