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Les politiques publiques québécoises et canadiennes, sources de transition agroalimentaire?

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Marie-Hélène Bacon : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

L’actuel système agroalimentaire est basé sur l’usage croissant de pesticides depuis 25 ans, une utilisation que l’industrie agrochimique justifie par la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire mondiale et dont les instances publiques minimisent les impacts en affirmant que l’évaluation et l’encadrement des pesticides assurent adéquatement la protection de l’environnement et de la santé publique. Or, pourtant, plusieurs récents rapports internationaux sur les enjeux agroalimentaires parviennent à un consensus, celui d’un système alimentaire brisé et inefficace menaçant la santé humaine et la durabilité environnementale.

Suite aux échecs des stratégies de réduction des usages des pesticides, l’élaboration de politiques publiques agroalimentaires au Canada et au Québec constituait une occasion d’amorcer une transition, soutenue par un réinvestissement massif des gouvernements dans l’aide aux producteurs agricoles, vers des modèles alternatifs et diversifiés porteurs d’une approche globale et intégrée des enjeux agroalimentaires, environnementaux et sanitaires. Présentées comme étant le résultat d’exercices démocratiques, quelles conceptions sanitaires et environnementales ces politiques publiques mettent-elles de l’avant ? Quel modèle et quelles mesures y sont proposés? Annoncent-elles une transition et une sortie de l’hyper concentration verticale et horizontale du secteur agroalimentaire ?

Résumé du colloque

Devant les crises enchevêtrées du climat, de la biodiversité et des extrêmes climatiques ouvrant de menaçants horizons d’emballement des grands cycles biogéochimiques de la planète, quelles sont les recherches, les politiques et les stratégies démocratiques à privilégier pour réduire, d’urgence, l’empreinte énergétique et agroalimentaire? L’érosion accélérée de la biodiversité conduisant à notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète, ponctuée par une réduction de 60% des populations d’espèces sauvages en 45 ans (WWF, 2018), témoigne à la fois des impacts des énergies fossiles, de ceux de l’industrie agroalimentaire et de leurs interrelations. Si la limitation draconienne des énergies carbonées au profit d’énergies alternatives s’impose alors d’évidence, s’imposent également de sérieuses remises en question des modèles agroalimentaires dominants. Mais de telles transformations exigent de solides analyses des enjeux socioéconomiques et politiques afin d’élaborer des stratégies de transition viables, réalistes et démocratiques doublées de politiques appropriées. Comment amorcer des transitions d’une telle ampleur sans un véritable travail de mise en démocratie, permettant d’inscrire ces enjeux à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de l’innovation scientifique et sociale ainsi que des pratiques et usages des citoyens. C’est sous un double éclairage France-Québec, de recherches menées d’une part sur la transition énergétique, notamment dans les filières de l’éolien et de l’hydrogène, par les chercheurs du programme, TETHYS (transition énergétique, territoires, hydrogène et société), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France et menées d’autre part sur la transition agroalimentaire par des équipes du CREPPA de l’UQAM, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives, une équipe FQRSC, que se déploieront les réflexions croisées de ce colloque.

Les menaces d’écocide, accélérées par la flambée sans précédent des écarts socioéconomiques, amplifiées par la montée en puissance de régimes politiques autoritaires, procarbone voire climatosceptiques, et par une concentration inégalée de l’agroalimentaire, imposent une réflexion approfondie, sur le plan autant de la recherche que des politiques, sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires. C’est ce qu’entend explorer ce colloque, réunissant sous un même chapeau, lors d’une ouverture commune élargie, ces équipes liées par une entente cadre UQAM-UNICAEN. Ces questions seront ensuite déclinées par l’équipe françaises ANR (Normandie-Bourgogne projet hydrogène et démocratisation de la transition), et par l’Équipe québécoise du CREPPA. Ce colloque, sous les auspices de la Commission canadienne pour l’UNESCO et de l’Agence nationale de la recherche en France, accueillera des invités de marque, notamment d’instances de recherche françaises, québécoises et canadiennes, et du Club de Rome.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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