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Grivet Bonzon Catherine : Université de Genève
La transmission des musiques « actuelles » est aujourd’hui, largement institutionnalisée. Néanmoins, nombre d’adolescents remettent ce modèle en question, persuadés que l’esprit de contre-culture ne saurait se plier à un enseignement formel, contrôlé par l’adulte éducateur.
Nous émettons ici l’hypothèse que c’est à travers l’expérience musicale de groupe autonome comme processus de construction de savoirs et au-delà comme base à la construction identitaire (Dewey,1915), que ces adolescents forgent leur autonomie émancipatrice esthétique et politique au sein des pairs dans un partage du sensible (Rancière, 1987, 2000) en construisant « l’existence d’un commun et les découpages qui y définissent les places et les parts respectives ».
La méthodologie qualitative (vidéos de répétitions et d’interviews de trente musiciens), permet d’analyser les interactions qui se jouent en situation, dans la construction d’un « autre » mode de socialisation et de citoyenneté.
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
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