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Moïse Valère Ebendeng Ondo : Université de Dschang
L’introduction du christianisme en Afrique a entraîné des mutations dans la croyance et la vie sociale des peuples du continent. Pour imposer la civilisation occidentale et gagner les cœurs des néophytes, les occidentaux ont utilisé divers moyens dont l’un était l’extradition des rites et certaines pratiques culturelles par les Noirs. La Bible, l’école la médecine moderne sont les principaux éléments qui éloignent l’Africain de ses pratiques cultuelles traditionnelles pour qu'il adopte celles apportées par l’Occident. Ainsi va naître le choc des civilisations entre l’Occident et l’Afrique. Toutefois, même si certains rites dits maléfiques vont disparaître au fil du temps à cause de la pression de la nouvelle civilisation, d’autres dits de bienfaisance vont résister et continueront d’être pratiqués par le converti à la foi chrétienne. Dans notre communication, en nous fondant sur le peuple Ntoumou fortement christianisé, nous voulons montrer comment les rites dits de purification ont résisté à la civilisation occidentale et continuent d’être pratiqués en situation post-missionnaire. Pour répondre à la problématique, nous allons d’abord montrer comment le christianisme a combattu les rites parmi les Ntoumou du Sud Cameroun, ensuite montrer comment les rites de purification ont pu résister à cette modernité, et enfin montrer la situation de ces rites à l’heure actuelle à travers quelques exemples.
On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.
L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.
Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.
Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.
De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).
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