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Les rites de séparation en pays gbaya

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Jeannette Sylvie Pilo atta : Université de Maroua

Résumé de la communication

L'observation des sociétés traditionnelles africaines fait étalage d'une pratique plurielle des rites, selon les cycles de vie et des moments précis de la condition humaine. Selon la théorie cognitive africaine, c'est la conception collective qu'ont les individus de certains phénomènes qui influencent leur conduite. Les titres sont donc déterminés par la façon dont chaque peuple conçoit l'objet du rite. Les Gbaya, peuple d'Afrique centrale réparti entre le Cameroun et la RCA, n'ont pas échappé à cette règle. On peut y observer l'observance d'un certain nombre de rites, parmi lesquels les rites de séparation. Il s'agit précisément des rites funéraires que doivent observer des personnes afin de mieux « gérer » la séparation d'avec les défunts. Cette contribution vise à mettre en relief le sens profond et la signification des rites de séparation en pays gbaya du Cameroun. Mais avant tout, quelle est la singularité de ce type de rite et en quoi peut-il constituer un enjeu mémoriel pour ce peuple d'Afrique centrale?

Résumé du colloque

On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.

L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.

Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.

Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.

De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’Afrique des rites
section icon Date : 29 mai 2019

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Titre du colloque :

L’Afrique des rites

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Thème du colloque :

L’Afrique des rites