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Shahrzad Saif : Université Laval
Cette présentation porte sur une approche formative de l’évaluation en classe de langue, c’est-à-dire l’évaluation au service de l’apprentissage (learning-oriented assessment), promue par le Programme de Formation de l’École Québécoise (PFEQ). Ce type d’évaluation, utilisé pendant le processus d'apprentissage plutôt qu'à la fin de celui-ci, se distingue souvent des tests traditionnels ou standardisés par l’accent mis sur les pratiques ascendantes (bottom-up practices), ce qui donne plus de contrôle aux enseignants et aide les apprenants à progresser vers les objectifs du curriculum. Nous discuterons des composantes critiques et du processus de l’évaluation formative en classe de langue ainsi que des construits mesurés par ce genre d’évaluation. Nous soutiendrons que le caractère pragmatique de l’évaluation formative nécessite que les différentes composantes de la compétence langagière interagissent, non seulement les unes avec les autres, mais aussi avec l’ensemble des connaissances linguistiques nécessaires pour s’exprimer de façon appropriée dans un contexte donné. Nous explorerons également les spécificités des tâches propres à ces tests qui permettent de soutenir l'apprentissage en modifiant et en améliorant les activités d'enseignement et d'apprentissage.
Au cours de l’élaboration du Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), le ministère de l’Éducation (MEQ) a privilégié le développement de compétences tout comme certains pays européens. Ainsi, la mise en place du PFEQ devrait permettre un apprentissage plus en profondeur passant de la maîtrise des connaissances à la mobilisation de ressources dans le but de développer des compétences disciplinaires ou transversales. L’application d’un programme de formation axé sur le développement de compétences influe sur l’ensemble de la pratique enseignante, y compris les pratiques d’évaluation des apprentissages. D’ailleurs, l’intégration de l’évaluation à l’enseignement, l’évaluation pour l’apprentissage et au service de l’apprentissage, les grilles d’appréciation pour la correction des tâches d’évaluation, l’élaboration de tâches d’évaluation, le vocabulaire (SAE, SEA, etc.) sont autant de concepts et d’outils privilégiés dans une formation par compétences. Or, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE), qui teste les connaissances plutôt que les compétences, reste l’outil privilégié pour accéder à la profession enseignante. Ainsi, il semblerait que des défis soient présents dans les milieux scolaires et en amont dans le milieu universitaire, tout au long de la formation des futurs enseignants. De la planification de l’enseignement à l’évaluation des apprentissages en passant par l’évaluation pour l’accès à la profession, où s’arrête l’évaluation des connaissances et quand s’agit-il d’évaluation des compétences? La juxtaposition des deux peut-elle être un modèle qui assure la validité et la fidélité de l’évaluation? Au cours de ce colloque, les communications présentées, par des chercheurs de différents horizons théoriques ou pratiques, permettront de faire le point sur plusieurs défis encore présents dans les milieux éducatifs bien que le PFEQ soit mis en application depuis plusieurs années déjà.
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