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François Bolduc : Université Laval
Depuis le début des années 2000, le système de santé et de services sociaux québécois a été l’objet de deux réformes importantes, s’inscrivant dans le courant de la nouvelle gestion publique. Ces réformes ont eu des impacts sur les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs du réseau. Dans le cadre de nos recherches, nous avons porté notre attention sur la situation des cadres et gestionnaires des établissements de ce secteur. S’ils ont été bousculés par la réforme de 2003, force est d’admettre que ceux-ci ont été frappés durement par la réforme de 2015.
Ainsi, nos recherches nous ont permis de constater que la dernière réforme a entraîné une dégradation importante de la qualité du travail de ces acteurs. Ceux-ci rapportent, entre autres, une augmentation de leur charge de travail accompagnée d’une diminution de leur pouvoir décisionnel et de la possibilité d’exercer leur créativité. Ils rapportent aussi ne plus avoir le sentiment de se réaliser, ne plus avoir un travail en cohérence avec leurs valeurs et ressentir moins de fierté à faire partie du réseau québécois de la santé et des services sociaux.
Dans le cadre de cette communication nous nous intéresserons à cette dégradation de la qualité du travail des cadres. En nous appuyant sur des résultats de recherches empiriques, nous décrirons l’évolution de la qualité du travail des cadres du réseau de la santé et des services, avant d’identifier certains enjeux que cette évolution soulève pour les services sociaux.
Les nombreuses réformes opérées dans le réseau de la santé et des services sociaux depuis les 20 dernières années se sont réalisées dans le sillon de la nouvelle gestion publique (NGP). Ces réformes ont contribué à transformer la pratique d’intervention sociale individuelle, de groupe et collective dans les secteurs institutionnels et communautaires. Plus récemment, le projet de loi no 10, communément appelé la réforme Barrette, marque une transformation majeure du réseau public par la création d’un nombre réduit de mégaétablissements centralisés, visant à favoriser l’accès aux soins tout en réduisant les coûts du système. Des mégaétablissements ont été créés en fusionnant les établissements d’un territoire donné en un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), certains avec un statut universitaire (CIUSSS). La majorité des services du réseau a été regroupée dans divers secteurs : CLSC, CJ, CR, CH, CHSLD, GMF. Dans le contexte de cette fusion – forcée –, les intervenants sociaux font face à des changements importants : réorganisation des programmes et des services, nouvelles équipes de travail et nouveaux collaborateurs, déplacement dans des territoires immenses, changements de poste, surcharge de travail, détresse, etc. Quatre ans après l’entrée en vigueur du projet de loi no 10, plusieurs questions et enjeux soulevés par la pratique méritent d’être posés : comment se sont opérés les changements au sein des établissements? Quels ont été les facteurs facilitant ou compliquant les transferts de personnel – du CLSC au GMF, d’une équipe à une autre? Comment se déroule la pratique, notamment en GMF et en protection de la jeunesse? Quelles sont les retombées pour les services à la population, notamment les plus vulnérables? Quels sont les nouveaux enjeux pour les intervenants sociaux et pour les cadres? Plusieurs autres questions sont susceptibles d’émerger de ce contexte en pleine transformation appelant à une adaptation et à une réorganisation inachevées.
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