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L’obtention de son premier choix comme vecteur motivationnel : Une analyse longitudinale de la complétion ou de l’abandon d’un programme collégial dans les temps prescrits

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Alexandre GAREAU : Université Laval

Résumé de la communication

La motivation des étudiants à poursuivre leurs études a souvent été ciblée comme une cause importante d’abandon ou de succès scolaire. Il n’est pas rare d’entendre que certains étudiants ne sont pas « bien motivés » mais que d’autres sont plus motivés. Afin de mieux discuter de ce concept clé, cette présentation offrira un cadre conceptuel en s’appuyant sur la théorie de l’autodétermination (TAD; Ryan & Deci, 2017). La TAD postule que les raisons des comportements d’un étudiant définissent les motivations de celui-ci. Plus un étudiant s’investit pour des raisons qui lui sont propres, volontaires et autonomes, plus celui-ci obtiendrait de la satisfaction et de la réussite dans ses études. La transition vers le cégep est une période charnière dans le développement identitaire et vocationnel des étudiants, cependant, moins de la moitié des étudiants terminent leurs études collégiales dans les temps prescrits (MÉES, 2014). Afin de rendre compte de cette statistique surprenante, une analyse sur le choix de programme et l’obtention ou non de son premier choix sera présentée comme vecteur motivationnel de réussite (n= 839). Qui plus est, l’OMS a récemment révélé que la prévalence de problèmes de santé mentale chez cette population grandissante était de 20% (Auerbach et al., 2016). Quel est alors l’effet d’obtenir un premier choix sur la motivation, la santé mentale, la performance et la probabilité d’abandonner ou de compléter son programme dans les temps prescrits des étudiants ?

Résumé du colloque

Même s’il est bien établi que la santé mentale et la persévérance scolaire sont fortement liées, ce n’est que récemment que les établissements scolaires ont commencé à accorder de l’importance à ce lien. Selon la Commission de la santé mentale du Canada, 1,2 million d’enfants et de jeunes canadiens sont touchés par la maladie mentale. Dans la moitié des cas, les troubles de santé mentale commenceraient avant l’âge de 14 ans (OMS, 2011). La prévalence des troubles diagnostiqués chez les enfants au Québec entre 1999 et 2010 aurait par ailleurs doublé, et ce, en partie en raison fait que le TDAH est plus fréquemment diagnostiqué (INSPQ, 2012).

Parmi les facteurs psychosociaux reconnus pour affecter le rendement scolaire et la persévérance se trouvent les symptômes dépressifs et une faible estime de soi. Les jeunes vivant une dépression et fréquentant l’école secondaire (Asarnow et al., 2005), le cégep (Eisenberg, Goberstein & Hunt, 2009) ou l’université́ (Hysenbegasi et al., 2005) risquent davantage de moins bien réussir leurs études ou même de les abandonner. Les jeunes Québécois fréquentant l’école secondaire et vivant avec un haut niveau de détresse psychologique sont plus susceptibles de décrocher que ceux ayant un niveau de détresse faible ou moyen (EQSJS, 2011). La même situation se présente pour l’estime de soi.

Dans le contexte où 70 % des troubles de santé mentale débutent pendant l’enfance et l’adolescence (CSMC, 2012), il est impératif d’agir tôt et de manière globale pour soutenir les jeunes qui formeront la société de demain. Les milieux scolaires peuvent d’ailleurs jouer un rôle actif dans les interventions préventives et curatives mises en place. En fait, selon la Politique sur la réussite éducative du MEES (2017), l’école n’a pas uniquement une vocation éducative, elle doit également veiller au développement du potentiel de l’élève dans toutes ses dimensions, incluant les dimensions affectives et sociales.

Ce colloque permettra d’examiner plus amplement les liens entre la santé mentale et la persévérance scolaire, en se basant sur une approche intersectorielle visant à soutenir les jeunes et leur milieu et en proposant des actions ancrées dans les données probantes pouvant être posées en milieu scolaire.

Aux fins du présent colloque, l’importance de la santé mentale dans la réussite éducative des jeunes sera analysée à l’aide de communications axées sur des présentations, des débats et des réflexions. Le colloque se construit autour de trois grands thèmes :

— Un portrait des enjeux liés à la santé mentale en lien avec la persévérance scolaire et la réussite éducative : ce que nous dit la science (matinée);

— L’approche intersectorielle en santé mentale pour soutenir les jeunes vers une réussite éducative : agir tôt et en prévention! (début d’après-midi);

— Des pistes d’actions efficaces ancrées dans les données probantes (fin d’après-midi).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
manager icon Responsables :
Annie Aimé
Discutant-e- de la session : Annie Aimé
section icon Date : 29 mai 2019

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