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Modélisation scientifique et dialogue : le rôle des modèles conceptuels en science

JM

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Jean-Guy Meunier : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans un contexte de collaboration scientifique, diverses attitudes épistémiques s’opposent. Certaines visent la découverte et la créativité, et d’autres, la preuve et démonstration. Comment un projet de recherche peut-il se développer au sein d’attitudes aussi opposées ? Selon les approches pragmatiques des théories scientifiques (Cartwight, Rheinbeger, Morrison, Giere, …), la science est une pratique sociale produisant dynamiquement un ensemble de modèles, interreliés et occupant des fonctions épistémiques spécifiques et complémentaires. Ces modèles sont multiples: conceptuels, formels, computationnels et informatiques.

Le modèle conceptuel qui retiendra notre attention rend explicites les diverses dimensions que met en œuvre une recherche telles les présupposés, les biais épistémiques, les objectifs, les hypothèses et la méthode. Il est exprimé en langage naturel à travers des stratégies discursives qui lui sont propres, telles les énoncés, la rhétorique, la métaphore, l’analogie, l’argumentation, voire même la fiction. De ce fait, il est un lieu privilégié de discussions, de conversations dont la fonction créative est d’ajuster, de consolider la compréhension mutuelle et de modifier les multiples points de vue d’où émergeront les modèles formels, computationnels et informatiques. C’est là que les croyances et points de vue deviennent contraints à la démonstration, à la preuve et à la validation, etc. Le tout sera illustré dans la pratique concrète des activités du LANCI.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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