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Núria Gala : Aix-Marseille Université
Les ressources lexicales sont indispensables à l’enseignement du lexique (Tremblay et Polguère, 2014). D’après Cellier (2011), pour un meilleur apprentissage du vocabulaire, les outils utilisés en classe doivent rendre compte de la structure du lexique (un réseau d’unités interreliées) et doivent faciliter la mémorisation et la réactivation des mots du vocabulaire de l’apprenant (en particulier grâce aux relations entre les mots). Il nous semble, également, qu’ils doivent prendre en compte la polysémie et le niveau de complexité de lecture et compréhension d’un mot. Si la tradition lexicographique, bien qu’avec de nombreux problèmes de représentation (Mathieu-Colas, 1996), intègre les variantes ou extensions de sens dans les ressources classiques, la notion de complexité n’a longtemps été appréhendée que par le biais de listes de fréquence (les mots ne sont ni désambiguïsés ni reliés entre eux).
Dans une perspective systémique qui intègre les considérations précédentes (notion de réseau lexical, encodage explicite de la polysémie, dépassement des listes de fréquence pour identifier le niveau de complexité des mots), nous avons créé ReSyf (Billami et al., 2018). Cet outil permet une navigation dans des réseaux de synonymes désambiguïsés et gradués en fonction de leur difficulté. Il s’agit d’une proposition innovante avec des applications en didactique du lexique L1 ou L2, dont nous présenterons les principales caractéristiques et possibilités d’usage dans cette communication.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
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