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Mouvement des mains dirigé vers soi, que nous disent-ils lors d’une situation de provocation.

FL

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Florence Landry : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dès leur premier article sur la communication non-verbal, Ekman et Friesen (1969) proposent que dans certaines circonstances le mouvement des mains dirigé vers soi pourrait révéler un haut niveau émotionnel. Depuis, ce comportement a été associé avec le stress, l’anxiété, les processus attentionnels, ou même le type d’information présentée (Troisi, 2002 ; Heaven & McBrayer, 2000). Le but de cette étude est de pousser notre compréhension de la présence et la fonction de ce comportement en caractérisant la relation entre le mouvement des mains dirigé vers soi, le stress perçu et les émotions perçues et vécues lors d’une tâche de provocation sociale élicitant des émotions négatives. La fréquence du mouvement des mains a été obtenue grâce à la codification de vidéos enregistrées lors de la tâche de provocation, alors que le stress et les émotions perçues ont été obtenus grâce à des questionnaires auto-rapportés remplis avant et après la tâche. Les émotions vécues ont quant à elle été obtenues grâce au logiciel FACET (iMotions, inc) qui a permis l’autocodification des expressions d’émotion faciale durant la tâche. Les résultats démontrent la présence et l’augmentation du mouvement des mains dirigé vers soi durant la tâche, et que cette augmentation est associée à moins de stress perçu après la tâche et à plus d’expression de tristesse durant la tâche confirmant que dans certaine circonstance ce comportement pourrait servir de stratégie d’adaptation pour gérer un état interne.

Résumé du colloque

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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