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Réjean Boivin : CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec
L’époque contemporaine a vu se déployer de nouvelles façons d’envisager la fin de l’existence, parallèlement à l’offre de soins palliatifs. Le droit à l’autodétermination permet aux patients de choisir des options de soins qui leur sont proposées. Si au Québec, depuis trois décennies, un patient a le droit de refuser ou de cesser un traitement, depuis quatre ans maintenant, il a le droit à la sédation palliative continue ainsi qu’à l’aide au suicide, avec l’assistance d’un médecin. La Loi concernant les soins de fin de vie évoque ainsi l’ «aide médicale à mourir». Il appartient maintenant au patient de décider ce qui lui convient pour la dernière phase de son existence. Si la mort était autrefois une sorte de fatalité avec laquelle l’être humain devait se réconcilier, elle est aujourd’hui domestiquée. Le patient peut désormais souvent décider du moment et des circonstances entourant sa mort. Le socle ontologique de la finitude est ébranlé. Notre époque présente aux patients des opportunités pour déjouer la mort de façon à contrôler leur destinée. De nouveaux discours sont élaborés pour envisager la « bonne mort ». Nouveaux discours où des soignants, des patients, des proches aidants, et des institutions doivent repenser leurs attitudes et réviser leurs valeurs. De nouveaux rituels d’adieu se dessinent en ces circonstances inédites autour de nouveaux scénarios concernant les soins de fin de vie.
Le langage sert à exprimer et à communiquer les pensées des interlocuteurs. L’usage du langage est une forme de comportement social. C'est en dialoguant que les locuteurs communiquent leurs pensées conceptuelles. Toutes les sciences qui traitent du langage, de l’action et de la pensée (la philosophie, la logique, les sciences humaines et l’intelligence artificielle) reconnaissent l’importance des différents types d’actes de discours (les actes d’énonciation, de référence, de prédication, d’expression de propositions et d’attitudes, les actes illocutoires et perlocutoires individuels et conjoints). Selon la théorie des actes de discours, les actes de discours du genre illocutoire sont les unités premières de signification et de communication dans l’usage et la compréhension du langage. Jusqu’à présent, on a surtout analysé les actes illocutoires de premier niveau accomplis par des locuteurs individuels à un seul moment d’énonciation. Cependant les interlocuteurs entendent surtout dialoguer. Parfois même leur objectif est purement conversationnel : décrire le monde, délibérer comment agir, changer le monde en faisant des déclarations et exprimer des attitudes conjointes. Notre but principal sera d’analyser la structure et la dynamique des dialogues ayant un objectif conversationnel. Nous traiterons des dialogues intelligents entre hommes et machines ainsi que de certains discours capitaux en éthique, droit et politique. Le colloque réunira des logiciens, linguistes, philosophes, juristes et informaticiens qui collaborent. On parlera des actes illocutoires de niveau supérieur. Certains chercheurs indépendants feront des présentations critiques de la théorie des actes de discours sur l’analyse de la conversation. Les communications seront regroupées autour de trois axes : Le premier axe regroupera des communications en philosophie du langage et de l’esprit. Le second concernera la modélisation logique et informatique des dialogues intelligents. Le troisième traitera de discours et de textes juridiques, politiques, éthiques et religieux particuliers des langues naturelles.
Nous traiterons des relations internes entre les deux fonctions essentielles d’expression et de communication, et la structure profonde du langage. Nous montrerons que la forme logique des actes illocutoires de premier et de second niveau impose des exigences formelles à la structure logique profonde de toute langue naturelle possible ainsi qu’à l’esprit des interlocuteurs compétents. Ainsi nous argumenterons que certains traits syntaxiques, logiques, sémantiques, pragmatiques et cognitifs sont transcendants et universaux, car ils sont indispensables. Nous montrerons aussi qu’il y a des discours éthiques, juridiques, politiques et mathématiques pourvus des quatre buts conversationnels : descriptif, délibératif, déclaratoire et expressif.
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