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Prévention des ITSS auprès des HARSAH issus de la diversité ethnoculturelle à Montréal : comment construire une réponse de santé publique ?

GG

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Gabriel Girard : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) demeurent l’une des communautés les plus touchées par le VIH et les ITSS à Montréal. Les HARSAH issus de la diversité ethnoculturelle constituaient environ 17% des nouveaux diagnostics de VIH rapportés chez des HARSAH au Québec entre 2002 et 2016. Suivant son objectif global de réduction de l’impact du VIH et des ITSS chez les HARSAH dans leur diversité, la DRSP a initié en 2018 une démarche exploratoire pour 1) mieux documenter les besoins des HARSAH racisés en matière de prévention des ITSS, 2) faire l’état des lieux des interventions existantes et envisager celles à développer, et 3) établir un espace de concertation ad hoc entre les différents acteurs.

L’objectif de la présentation est de retracer les différentes étapes de cette démarche de santé publique, qui a abouti début 2019 à la création d’un groupe de travail « HARSAH racisés /migrants » coordonné par la DRSP. Le propos vise aussi à porter un regard critique et réflexif sur les catégories utilisées en santé publique. L’acronyme « HARSAH », qui vise à englober une diversité de pratiques et d’identités, est-il pertinent pour décrire les réalités vécues par les personnes issues de la diversité ethnoculturelles ? Quels sont les débats qui traversent le milieu de la santé publique autour du terme « racisé » ? Comment articuler une terminologie descriptive et une démarche de mobilisation des communautés ?

Résumé du colloque

S’inscrivant dans une perspective intersectionnelle et critique, ce colloque met de l’avant les parcours multiples et complexes qui sont partagés par des personnes LGBTQ migrantes, réfugiées et/ou issues de la diversité ethnoculturelle. Dans un contexte social où les normes de genre et de sexualité associées aux immigrants tendent à être reléguées au conservatisme et à la répression et celles des sociétés occidentales au libéralisme et à l’émancipation, il semble important de réfléchir sur cette tension telle qu’elle se répercute véritablement dans le parcours des personnes migrantes et racisées qui s’identifient comme LGBTQ. En plus de remettre en question et de potentiellement participer à une reconceptualisation du récit dominant de l’« identité gaie », lequel repose historiquement sur des présomptions fortes de visibilité et de « sortie du placard », la mise en lumière des parcours de ces personnes vivant à l’intersection de multiples axes d’oppression fait apparaître la compréhension qu’elles ont d’elles-mêmes, de leurs identités et de leurs pratiques. Les personnes migrantes et/ou racisées qui revendiquent une identité LGBTQ+ ou toute forme de sexualité non normative ne peuvent être réduites à de simples modèles d’assimilation de la culture occidentale dominante alors que leurs revendications identitaires émergent de dynamiques de pouvoir complexes qui s’inscrivent à l’intersection de la migration et des transformations culturelles que cette dernière provoque souvent. Ces réflexions sont également soutenues par le souci de ne pas homogénéiser les vécus de ces personnes, alors que certaines, comme les femmes trans racisées, connaissent des parcours difficiles et peu étudiés. Ce colloque permet un espace d’échange et de discussion entre personnes concernées, chercheur.se.s, militant.e.s et allié.e.s afin de nuancer le cadre d’interprétation encore trop fortement dichotomique, impensé ou invisible du parcours des personnes migrantes et de minorités sexuelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Gabriel Girard
section icon Date : 29 mai 2019

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