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Quand les élites se parlent entre elles : Déboires du dialogue interculturel à l’aune de la crise anglophone au Cameroun

AG

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Amadou Ghouenzen Mfondi : Université Saint-Paul

Résumé de la communication

L’un des enjeux majeurs de la gouvernance dans les pays multiculturels est de favoriser la représentation des différentes entités ethnoculturelles du pays au sein des institutions de l’Etat. Le Cameroun en tant que Afrique en miniature dotée par l’histoire coloniale et postcoloniale de deux langues officielles (le français et l’anglais) et de plus de deux cents entités ethniques avec autant de langues locales n’échappe pas à ce défi de la multi-culturalité. L’une des stratégies adoptées par l’Etat pour assurer la cohésion sociale dans ce vaste ensemble est l’équilibre régional, entendu comme politique de redistribution de poste administratif sur les bases ethno-régionales. Ainsi, se pose la question de la représentativité des élites politico-administratives coptées par l’Etat dans chaque groupe pour réaliser le projet et le dialogue interculturel de la nation. Le propos de cette communication est de montrer que la fracture entre les élites politiques et le monde d’en bas est à l’origine des crises de l’hétérogénéité socioculturelle que connait le Cameroun depuis quelques années. L’hypothèse de ce travail est que l’équilibre régional au Cameroun est plus un mécanisme de partage des privilèges républicains entre les élites politiques qu’un modèle de dialogue entre les populations issues des aires culturelles différentes.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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