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Quel type d’apprenant citoyen dans la Cité ?

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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

La socialisation politique des individus, soit les représentations et rapports qu’ils construisent et les actions qu’ils entreprennent relativement au pouvoir, aux institutions, aux autres, est un processus qui commence dès l’enfance. Dans une perspective de praxis, il est postulé que la participation politique permet à l’individu de réfléchir au politique, de s’y autodéfinir, de choisir ses appartenances sociales et d’apprendre. Or, pour participer au politique, l’apprenant citoyen doit disposer d’agentivité, un pouvoir d’agir défini comme processus d’engagement informé par le passé et l’évaluation pragmatique du présent, mais dirigé vers l’avenir, notamment dans la capacité d’imaginer prospectivement un répertoire de possibilités alternatives (Emibayer & Mische, 1998), dans ce cas-ci, sur le plan politique et citoyen.

Or, les jeunes seraient assujettis à un important dispositif de régulation et de contrôle social, notamment en raison d’une perception chez certains adultes qu’ils représentent une menace pour l’ordre, réduisant ainsi leur agentivité et les possibilités d’apprendre à être citoyen dans la praxis. En général exclus de la participation sociopolitique ou réduits à sa simulation à l’intérieur des murs de l’école, quel type de rapports au politique les jeunes construisent-ils ?

Cette communication vise à qualifier les liens que l’apprenant citoyen peut développer dans ses interactions dans et par la Cité en déployant la typologie de Westheimer et Kahne (2004).

Résumé du colloque

Comment la pratique des arts outille-t-elle les individus à devenir des citoyens culturels, orientés vers la justice et susceptibles de faire entendre leurs voix, de partager leurs idées dans l’espace public? Les manifestations de la distance croissante entre le citoyen et les institutions publiques garantes de ses droits et soutenues par leur exercice sont nombreuses et constituent pour certains un réel danger. Or, les formes d’expression de la citoyenneté et sa corporéité dans les espaces collectifs comme l’espace public – la sphère à l’intérieur de laquelle s’exercent et s’éprouvent la critique, l’adversité, la communauté, notamment – témoignent du renouvellement de la conception qu’on peut en avoir. En cohérence avec une citoyenneté outillée pour la désaliénation, Poirier (2012) décrit une citoyenneté culturelle comme une évolution du rapport entre l’État et l’art comme mode de « construction identitaire », d’expérience d’altérité, de porte ouverte vers la sphère publique et le politique. La culture y est un vecteur de lien social appelant à « l’appropriation par les individus des moyens de création, production, diffusion et consommation culturelle » (p. 11). Cette appropriation est facilitée par la conception de dispositifs développés par des chercheurs et des créateurs qui œuvrent au sein de différents domaines artistiques dans le cadre d’incursions dans les espaces publics. Certains, sans qu’ils soient des assistants sociaux ni des agents du maintien de l’ordre, agissent comme des agents du désordre, de la lucidité, de l’esprit critique (Vincent, 2018). Ils proposent des dispositifs « pour faire avec » qui font résonner les voix multiples des citoyens afin qu’ils contribuent au grand chantier d’un espace public, suscitant un dialogue démocratique et la coconstruction d’un pouvoir collectif. Ainsi, former à la citoyenneté culturelle constitue une réponse au phénomène croissant de l’aliénation citoyenne, donnant accès à la culture et stimulant l’esprit critique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’apprenant citoyen
section icon Date : 29 mai 2019

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Titre du colloque :

L’apprenant citoyen

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Thème du colloque :

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