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Christine Fawer Caputo : Haute école pédagogique du canton de Vaud
Alors qu’on estime la présence d’en moyenne un orphelin par classe, les multiples conflits armés de ce début du XXIe siècle et les émigrations en masse vers les pays occidentaux qu’ils provoquent ont augmenté la probabilité pour les enseignant.e.s d’accueillir un ou plusieurs élèves endeuillés dans leur classe. Or, la perte d’un proche significatif durant l’enfance ou l’adolescence peut non seulement influencer négativement la suite de l’existence, mais aussi impacter la scolarité : le jeune peut manifester un certain nombre de troubles dans son comportement, mais également dans ses capacités cognitives, qui peuvent avoir une incidence sur sa vie scolaire, des conséquences majeures sur ses apprentissages, voire causer un décrochage. Dans la perspective d’une école inclusive, l’élève endeuillé, momentanément, ou à plus long terme, en difficulté, nous semble faire partie des élèves à besoins éducatifs particuliers. Le travail enseignant est complexe et consiste, entre autres, à interagir avec des collectifs tout en tenant compte de chaque individu, de ses compétences mais aussi de ses difficultés, afin de l’aider à progresser et se développer au mieux globalement. À partir de données d’entretiens issus d’une recherche doctorale, cette contribution se propose d’exposer comment le corps enseignant accompagne, ou pas, les élèves endeuillés dans leurs classes, quelles adaptations il propose et quels partenariats il convoque.
D’une année à l’autre, au primaire comme au secondaire, enseignants, professionnels et personnel de soutien accueillent de nouveaux élèves et apprivoisent de nouveaux groupes. En adaptation quasi constante, ces intervenants doivent tisser des liens avec les élèves, découvrir leurs forces et leurs capacités et, surtout, s’ajuster à leurs besoins afin de poursuivre les missions de l’école québécoise. L’unicité des élèves, à laquelle s’ajoute celle de ces acteurs, rend d’emblée l’aventure complexe. Elle se corse davantage lorsque certains élèves, dont les profils sont de plus en plus diversifiés, se démarquent du lot, et ce, pour de multitudes raisons.
On assiste depuis quelques années à une progression importante du nombre d’élèves dits « différents », qui présentent des caractéristiques singulières à divers égards (présence de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, problèmes de comportement ou de santé mentale, parcours de vie complexe, etc.). Cette montée peut à la fois être attribuable à une plus grande sensibilisation du milieu scolaire à leurs besoins, comme à une intensification des difficultés vécues par ces mêmes élèves ou même à une moins grande tolérance du milieu scolaire à leur égard. N’empêche, cette réalité fait en sorte que l’accompagnement de ces élèves représente un défi de taille, pouvant engendrer un certain sentiment d’impuissance chez l’enseignant, comme chez les autres acteurs scolaires. Afin de les soutenir dans cette tâche complexe, il importe de mieux comprendre comment ils se représentent les besoins de ces élèves et comment ils interagissent avec eux au quotidien. L’objectif du colloque est donc d’approfondir notre compréhension de cette réalité en mettant l’accent sur les représentations des acteurs scolaires à l’égard des élèves « différents », ainsi que sur la manière dont les acteurs scolaires font face à cette complexité inhérente à quiconque travaille au service des êtres humains dans un contexte de socialisation et d’apprentissage.
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