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Lise Parent : Université TÉLUQ
Au Québec, les programmes de suivi de la qualité de l’eau démontrent, depuis près de 25 ans, une dégradation marquée et croissante des cours d’eau en milieux agricoles à dominance, notamment, de maïs et de soya. Ainsi, les récents travaux de Giroux (2019) montrent, dans quatre rivières agricoles, une hausse des concentrations de glyphosate et d’AMPA, de S-métolachlore et d’imazéthapyr et de fréquents dépassements des critères de qualité de l’eau pour la protection des espèces aquatiques (CVAC) dans les cas de l’atrazine, du S-métolachlore, du glyphosate et du métribuzine. Or, au plan de l’écologie, des pratiques agricoles et des effets potentiels sur la santé, que signifient ces dépassements ? Nous tenterons de dégager quelques éléments de réponse à la lumière des travaux de notre projet de recherche, mené dans la principale région de cultures du Québec, qui examine les effets de certains pesticides sur la qualité des eaux de tributaires rejetés dans le fleuve Saint-Laurent à hauteur de Montréal. Ce projet, financé par le Fond pour dommages à l’environnement d’Environnement et Changements climatiques Canada, vise à développer un indice d’évaluation du risque écotoxicologique basé sur des mesures d’effets réalisées en laboratoire et sur le terrain et d’autre part, à analyser les politiques agricoles et les stratégies environnementales susceptibles de limiter en amont les impacts croissants des pesticides et à préserver ainsi la biodiversité et la santé des populations.
Devant les crises enchevêtrées du climat, de la biodiversité et des extrêmes climatiques ouvrant de menaçants horizons d’emballement des grands cycles biogéochimiques de la planète, quelles sont les recherches, les politiques et les stratégies démocratiques à privilégier pour réduire, d’urgence, l’empreinte énergétique et agroalimentaire? L’érosion accélérée de la biodiversité conduisant à notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète, ponctuée par une réduction de 60% des populations d’espèces sauvages en 45 ans (WWF, 2018), témoigne à la fois des impacts des énergies fossiles, de ceux de l’industrie agroalimentaire et de leurs interrelations. Si la limitation draconienne des énergies carbonées au profit d’énergies alternatives s’impose alors d’évidence, s’imposent également de sérieuses remises en question des modèles agroalimentaires dominants. Mais de telles transformations exigent de solides analyses des enjeux socioéconomiques et politiques afin d’élaborer des stratégies de transition viables, réalistes et démocratiques doublées de politiques appropriées. Comment amorcer des transitions d’une telle ampleur sans un véritable travail de mise en démocratie, permettant d’inscrire ces enjeux à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de l’innovation scientifique et sociale ainsi que des pratiques et usages des citoyens. C’est sous un double éclairage France-Québec, de recherches menées d’une part sur la transition énergétique, notamment dans les filières de l’éolien et de l’hydrogène, par les chercheurs du programme, TETHYS (transition énergétique, territoires, hydrogène et société), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France et menées d’autre part sur la transition agroalimentaire par des équipes du CREPPA de l’UQAM, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives, une équipe FQRSC, que se déploieront les réflexions croisées de ce colloque.
Les menaces d’écocide, accélérées par la flambée sans précédent des écarts socioéconomiques, amplifiées par la montée en puissance de régimes politiques autoritaires, procarbone voire climatosceptiques, et par une concentration inégalée de l’agroalimentaire, imposent une réflexion approfondie, sur le plan autant de la recherche que des politiques, sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires. C’est ce qu’entend explorer ce colloque, réunissant sous un même chapeau, lors d’une ouverture commune élargie, ces équipes liées par une entente cadre UQAM-UNICAEN. Ces questions seront ensuite déclinées par l’équipe françaises ANR (Normandie-Bourgogne projet hydrogène et démocratisation de la transition), et par l’Équipe québécoise du CREPPA. Ce colloque, sous les auspices de la Commission canadienne pour l’UNESCO et de l’Agence nationale de la recherche en France, accueillera des invités de marque, notamment d’instances de recherche françaises, québécoises et canadiennes, et du Club de Rome.
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