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«Qu’est-ce qu’une bonne mère? Une réflexion sur l’apport des approches féministes pour l’étude des injonctions sociales relatives à la maternité»

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Sandrine Vallée-Ouimet : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Le modèle de la maternité idéale est une conception évolutive retrouvée dans toutes les cultures et toutes les femmes se positionnent, de façon consciente ou non, par rapport à ce modèle. Actuellement, le modèle idéal de la maternité propose que l’enfant soit central à la vie de la mère. Cette conception de la maternité cherche à éliminer toutes formes de risque entourant la santé de l’enfant. En contexte postnatal, l’alimentation, plus spécifiquement l’allaitement, serait au centre du discours portant sur les comportements de santé de la « bonne mère ». La littérature scientifique suggère ainsi qu’il existe une forte association entre l’image de la bonne mère et l’allaitement. À travers ces représentations de la « bonne maternité », de surcroît appuyée par de nombreuses recommandations officielles, qu’advient-il des mères qui optent pour des alternatives à l’allaitement maternel? Cette discussion est inspirée des résultats préliminaires d’une recherche portant sur le parcours de mères qui choisissent des alternatives à l’allaitement maternel exclusif dans un contexte culturel favorable à l’allaitement. Une discussion théorique à partir d’une posture féministe sera appuyée d’exemples empiriques issus de cette recherche. En somme, cette réflexion vise à exposer la culture dominante de l’allaitement, le concept de la maternité intensive et la négociation à la norme sociale de l’exclusivité de l’allaitement chez les mères qui optent pour des alternatives.

Résumé du colloque

Les phénomènes pathologiques, de marge, d’exclusion, de déviance et de transgression ont été étudiés par la sociologie en tant que révélateurs des normes sociales. La délinquance, la folie et la pauvreté se sont érigées en objets privilégiés de ce que l’on a nommé la « sociologie de la déviance ». Ce type d’analyse du social a constitué une grande stratégie pour soulever la normativité : la considérer par son « envers ».

Bien que cette stratégie conserve sa pertinence, différents défis lui sont posés, tant sur le plan de la réalité des phénomènes concrets à saisir que devant l’affinement des cadres conceptuels qui cherchent à lire la normativité. La diminution de la référence aux interdits et la multiplication de repères « positifs » comme l’autonomie, la responsabilité, la performance, l’adaptation, la santé mentale composent aujourd’hui le climat normatif dans lequel évoluent les individus. Ces injonctions de conduite tendent à modifier les grilles de lecture de la normativité sociale et nous poussent à repenser différemment les formes d’action au quotidien.

Ce colloque propose de réfléchir à la normativité sociale dans son « endroit », et ce, à partir d’une diversité d’objets. Il s’agit ainsi d’une invitation à faire le pas vers une analyse sur le plan de la conformité en soulevant les différentes problématiques contemporaines qu’elle évoque : qu’est-ce qu’un « bon » patient? Qu’est-ce qu’une sexualité « épanouie »? Comment se conduit un jeune adolescent « exemplaire »? À « quoi performe » un individu performant? Qu’est-ce qu’une masculinité « saine »? De manière plus large, que peut nous apporter la sociologie des problèmes sociaux afin d’éclairer les conformités contemporaines? Plus encore, comment analyser la normativité sociale dans les phénomènes de normalité, c’est-à-dire en ajoutant l’étude de la conformité à l’étude de la marge ou de la transgression?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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