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Lucille Guilbert : Université Laval
Cette communication présente des résultats de l’étude La construction et la déconstruction des incompréhensions culturelles en contexte migratoire et la construction d'attitudes positives dans les relations interculturelles par le biais de groupes de pairs intergénérationnels en se fondant sur le modèle interculturel coopératif d’accompagnement mutuel (micam). Nous explorons la coconstruction du sens à travers les filtres culturels, nationaux, idéologiques ou religieux qui émergent de l’identité personnelle des interactants et orientent le vouloir et le pouvoir entendre ce qui se dit, ce qui agit et ce qui se crée dans un groupe interculturel. Après une réflexion autour des notions de racisme (se peut-il que nous soyons tous racistes ?) et du «malentendu» (les préjugés sont-ils une modulation du «mal entendre» ?), nous présenterons le micam, outil de collecte des données et creuset des interactions entre deux groupes interculturels intergénérationnels, ainsi que le cadre d’analyse s’inspirant des enjeux de la communication (Mucchielli, 1995) et de l’analyse de la conversation (Traverso, 2003; Grinschpoun, 2017). Nous appliquerons ces outils théoriques et méthodologiques à des extraits d’une séance thématique portant sur le rapport à la religion. Ce qui nous permettra d’ouvrir la discussion sur le processus de médiation du sens en mettant en relief la dynamique singulière d’un groupe à l’autre, croisant le ton de l’échange de sensibilités et d’expériences à celui du débat.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
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