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Yisso Fidèle BACYE : Laboratoire Genre et développement de l'université Ouaga 1 Pr joseph KI6zerbo
La hiérarchisation sexuelle s’est constellée dans les schèmes de perception des individus, qui ensuite la conçoivent comme une norme sociale. À travers cette historicisation des hiérarchies sexuelles, des rôles sont définis et attribués à l’homme et à la femme jusque dans la gestion des ménages. Dans les faits de gestion des ménages, à l’homme est attribué le rôle de mobilisation des ressources et à la femme les activités d’entretien. Seulement, de nos jours à Ouagadougou, l’inflation endigue l’épanouissement des ménages. La femme se voit obliger de participer à la mobilisation des ressources. Entre, donc, les représentations sociales, la division sexuelle des rôles, la protection du statut de l'homme et la survie du ménage, comment sont gérés les ménages à Ouagadougou? Notre objectif est de montrer les répercussions de la division sexuelle des rôles familiaux sur les faits de gestion des ménages dans cette ville. À l’aide de la méthode qualitative, nous avons mené des entretiens auprès de femmes et d’hommes et organisé deux "focus groups": un mixte et un masculin. Il ressort des enquêtes que, dans les ménages, les dépenses sont réparties en dépenses de souveraineté et dépenses d’assujettissement. Certains hommes sont des obstacles à l’émancipation économique de leurs épouses et à leur participation financière à la gestion du ménage. Des mécanismes invisibles à la communauté sont en outre développés afin d’assurer l’épanouissement des ménages.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
Titre du colloque :