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Nathalie Fontaine : Université de Montréal
Les personnes ayant des traits d’insensibilité émotionnelle élevés (p. ex., manque d’empathie, faible sentiment de culpabilité) sont enclines à avoir de la difficulté à traiter les expressions faciales d’émotions (Blair, 2005). Elles ont aussi tendance à faiblement réagir lorsqu’elles sont exposées à des signaux de détresse (p. ex., peur et tristesse) manifestés par les autres (Fanti et al., 2017). Ces caractéristiques sur le plan du traitement des émotions pourraient expliquer, du moins en partie, pourquoi les personnes ayant des traits d’insensibilité émotionnelle élevés présentent certaines difficultés dans leurs interactions sociales. Dans cette étude, nous avons examiné les liens entre les réactions faciales d’adolescentes (n = 200) alors qu’elles étaient exposées à des stimuli émotionnels et leurs scores de traits d’insensibilité émotionnelle. Les adolescentes ont effectué une tâche de reconnaissance des émotions pendant laquelle leurs réactions faciales étaient enregistrées. La tâche était composée de personnages virtuels animés démontrant de la joie, de la tristesse, de la colère ou de la peur (Cigna et al., 2015). Les réactions faciales des participantes ont été analysées à l’aide du logiciel FACET (iMotions, Inc.). Les résultats préliminaires suggèrent que les traits d’insensibilité émotionnelle chez les adolescentes sont associés à des expressions faciales réduites en réaction à des stimuli émotionnels.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.
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