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Germain OUALLY : Université Norbert ZONGO/Burkina Faso
La nécessité de vivre avec le monde extérieur pose la problématique de l’évanescence et de l’inculturation des valeurs traditionnelles africaines. Si l’inculturation est un atout qui contribue à l’enrichissement et au développement, elle peut être tout comme l’évanescence un facteur d’appauvrissement des valeurs ancestrales comme les rites dans leur forme originelle. Un métissage rituel assez significatif est aujourd’hui une réalité dans beaucoup de sociétés africaines. Cette contrainte de changement dans les pratiques n’est pas sans inconvénients. L’objectif de cet article est de faire l’état des lieux sur les transformations qui affectent ces pratiques afin de promouvoir les initiatives de résilience. À partir d’une approche comparative des contextes socioculturels d’hier et de mutation d’aujourd’hui nous prenons pour cas d’étude les rites funéraires Moaga et de l’initiation Gulmance, des ethnies traditionnalistes du Burkina Faso.
On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.
L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.
Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.
Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.
De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).
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