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Jean-Philippe Beauregard : Université Laval
Depuis 1968, une tradition de recherche s’est construite autour de la méthode du testing. Combinant offres d’emploi et CV construits par les chercheurs, celle-ci permet de mesurer précisément l’ampleur de la discrimination à l’embauche. Malgré l’adoption des chartes, lois et politiques pour contrer ce problème social, les récentes méta-analyses et notre prétest (congrès ACFAS 2018) montrent qu’il demeure omniprésent en Occident. Nuisant à l’intégration socioprofessionnelle des « minorités québécoises », cet obstacle interroge le principe de l’égalité des chances sur le marché du travail, même en situation de « plein emploi ».
À la suite du test mené à Montréal en 2010-2011, ayant indiqué que les Québécois arabes, latino-américains et noirs subissaient de la discrimination une fois sur trois, nous avons poursuivi l’analyse à Québec selon une approche intersectionnelle novatrice. Avec un vaste échantillon totalisant plus de 2 000 CV et 700 offres d’emploi, nous observons une discrimination à l’embauche marquée par une hiérarchie « ethno-genrée », affectant très inégalement ces mêmes minorités racisées. En outre, toutes les candidates minoritaires ont obtenu un meilleur taux de rappel que leurs pairs masculins de la même origine. Globalement, notre testing montre que la candidate minoritaire d’origine latino-américaine n’est quasiment pas discriminée par rapport au candidat majoritaire. À l’opposé, le candidat minoritaire d’origine africaine est discriminé deux fois sur trois.
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